Bernardino et Samuel étaient au Mexique, tout près de la frontière américaine, quand ils ont appris la victoire de Donald Trump. Ils ont immédiatement renoncé à leur plan d'entrer illégalement aux Etats-Unis et ont fait demi-tour.

Samantha Yanez, arrivée clandestinement aux Etats-Unis quand elle avait six ans, n'a quant à elle pas fermé l'œil de la nuit.

Pour les sans-papiers hispaniques aux Etats-Unis, le triomphe du magnat de l'immobilier, élu sur un programme anti-immigration, ouvre une ère d'angoisse. Y aura-t-il des expulsions massives? Des obstacles majeurs aux mouvements migratoires?

Le multi-millionnaire populiste a promis d'expulser les quelque 11 millions d'immigrés en situation irrégulière aux Etats-Unis, en majorité hispaniques et de construire un "gigantesque" mur tout le long de la frontière avec le Mexique.

Il a traité les Mexicains de "violeurs" ou "trafiquants de drogue" et a mis en doute l'impartialité d'un juge d'origine mexicaine, entre autres.

Samantha, une Mexicaine et aujourd'hui âgée de 21 ans, se demande ce qu'elle va devenir. Elle ne dispose que d'un permis de séjour temporaire accordé par le président sortant Barack Obama car elle est arrivée dans le pays enfant. Elle craint que Donald Trump ne l'annule.

"C'est comme si j'étais apatride, je me sens étrangère dans le seul pays que je connaisse", constate-t-elle d'une voix blanche. "Je me sens inquiète, enragée, triste, trahie par le rêve américain."

(Avec AFP)