Après la découverte d'un nouveau virus de grippe aviaire dans des pays européens voisins, la France prend toutes les précautions pour protéger ses producteurs de volailles, à l'approche des fêtes de fin d'année, et notamment sa filière foie gras, tout juste remise d'une grave crise.
Le risque de grippe aviaire a été réévalué de "négligeable" à "élevé" dans certaines régions de France, après la découverte en Suisse et en Allemagne notamment de cas d'influenza aviaire "hautement pathogène", liée au virus de souche H5N8, selon un arrêté publié jeudi 17 novembre au Journal officiel.
La crainte des autorités françaises? Que des oiseaux sauvages migrateurs, porteurs du virus, ne l'importent dans les estuaires du littoral et autres côtes et lacs où ils font halte. D'où des mesures de confinement pour les élevages de volailles situées dans des zones humides, notamment au niveau de leur nourriture et abreuvoirs.
Comme chaque année, le péril économique est d'autant plus redouté que les grandes migrations battent leur plein juste avant les fêtes, période cruciale pour les éleveurs de volailles de prestige et autres producteurs de foie gras.
Ces derniers sortent à peine d'un grand traumatisme: fin novembre 2015, la réapparition, pour la première fois depuis 2007 d'un cas de H5N1, autre souche du virus de la grippe aviaire, dans un élevage de Dordogne, avait sonné le glas de tous les canards du Sud-Ouest.
Obligés d'abattre leurs animaux et d'interrompre leur activité pendant plusieurs semaines, les industriels et les éleveurs ont dû faire l'impasse sur un quart de leur production en 2016 et subi 270 millions d'euros de pertes, pour un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros.
(Avec AFP)