Manuel Valls a mis en garde, jeudi 17 novembre à Berlin, contre la victoire "possible" de Marine Le Pen à la présidentielle, quelques jours après le choc provoqué par celle de Donald Trump aux Etats-Unis, et en a profité pour se poser encore un peu plus en recours pour 2017.
Au terme d'un discours offensif à gauche sur la mondialisation et l'Europe, mûrement préparé à Matignon, le Premier ministre s'est dessiné de façon quasi transparente comme un meilleur candidat que François Hollande pour battre la présidente du Front national.
Marine Le Pen peut-elle l'emporter en 2017? interroge une personne dans l'auditoire du Forum économique du Süddeutsche Zeitung. Oui, "c'est possible" répond M. Valls, disant cette fois clairement ce qu'il avait déjà laissé entendre sur la scène française.
"On s'intéresse, et c'est normal, à la primaire de la droite française, on attend ce qui va se passer pour la primaire du PS, mais on oublie l'essentiel: le danger que représente l'extrême droite", a-t-il averti devant son auditoire allemand. Il a toutefois assuré "ne pas tout confondre" en rappelant que Donald Trump avait pour lui le parti républicain, pilier historique de la vie politique américaine.
Interrogé sur ce que serait "le candidat idéal" pour battre la fille de Jean-Marie Le Pen, que tous les sondages placent au deuxième tour, Manuel Valls s'est permis de ne jamais citer le nom de François Hollande.
Décrivant ce candidat, il a dressé en creux son propre portrait: celui qui peut "préserver le modèle républicain", avec des valeurs "d'autorité, de sécurité, fermeté", mais également "générosité et solidarité".
L'allusion était si transparente que le Premier ministre a lui-même reconnu qu'aller plus loin en présence "de la presse française" risquait de lui valoir "des ennuis".
Le discours de Berlin visait à "répondre aux angoisses et aux colères des peuples" caractérisées par le phénomène Trump ou encore le Brexit, sans tomber "dans la facilité et encore moins dans la démagogie", selon le Premier ministre.
Semblant répondre aussi aux intentions de vote élevées sur sa gauche en faveur de l'ancien ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, ou de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Valls a défendu "une mondialisation au service des peuples, au service du peuple".
(Avec AFP)