Dès les premières minutes du show présenté en direct un Thursday soir, l’émission SNL affiche humour, autodérision et parodies excessives et hilarantes d’émissions télé ou de débats politiques.
A peine entré en scène, Gad parle de politique avec “Pompidou qui a laissé Beaubourg, Mitterrand qui a laissé une bibliothèque, Chirac le musée des arts premiers et François Hollande … sa place“. Une émission télé française ces jours-ci ne serait rien sans échanges sur la politique, les élections et … l’immigration.
Avec la “pile Duracell“ Jamel Debbouze, c’est lors d’un débat dans le cadre de … primaires politiques (à partir de la 28e minute) que les deux Franco-marocains vont échanger pendant un gros quart d’heure.
Le candidat Gad s’appelle Amine Bergeron pour l’occasion et Jamel s’appelle Jean-Michel Benabdellah. Clin d’œil à la globalisation et à la “Franco-Maghrébie“, des petites problématiques que le Casablancais-Québécois ex-Monégasque Gad et le Trappois-Germanopratin-Marrakchi-Tangérois Jamel connaissent bien. La bêtise de débats sur les hommes … déshumanisés qui font aussi rire.
La première question porte sur l’immigration et la réponse de Jean-Michel Benabdellah Jamel déboule: “Moi je suis favorable à l’ouverture des frontières (Pause). Sauf le dimanche » précise Debbouze. « Le reste de la semaine je suis pour une immigration alternée“. “C’est-à-dire?“, demande le journaliste. “C’est-à-dire, explique le candidat Jean-Michel, que si tu es né un jour pair tu rentres, et si tu es né un jour pas pair, tu dégages chez ta mère“. Gad a du mal à rester impassible derrière son pupitre de “candidat“. Il pouffe de rire et tente de le camoufler.
Amine Bergeron Gad est lui pour la plouffe. “Ils ont bien une loterie pour en Amérique“ explique-t-il. “On met les étrangers dans une salle et on fait la plouffe en chantant 1,2,3 ça va être toi qui va avoir une carte de séjour“.
En quelques mots, quelques blagues, beaucoup de choses sont dites sur la vanité et l’absurdité de nombreux actes et décisions politiques, à tel point qu’il vaut mieux en effet, parfois, en rire.
En tous les cas jeudi soir, M6 a gagné son pari d’audience, d’audace et de transgression dans le spectacle culturel même si dans la pure tradition culturelle française peuplée de râleurs, le quotidien Libération note un “succès d’audience“ parlant de SNL comme d’un bouillon de nostalgie Canal + mais rajoutant tout de suite un “dommage“ comme sentence.
Le Monde se montre plus enthousiaste peut-être parce que c’est la veille du week-end. “On dira simplement qu’on n’a pas autant ri depuis belle lurette (…) et de manière quasi continue au cours des quelque 2h20 du programme“. L’émission est en replay ouvert sur www.6play.fr