Publié lundi 9 janvier, le dossier signé par Le Figaro tente de répondre à cinq questions principales: Pourquoi le Maroc veut-il réintégrer l’Union africaine? Quel le poids économique du pays sur le continent? Quelle est l’influence religieuse de Mohammed VI? Comment l’Afrique accueille ce retour marocain? Et enfin, comment l’Algérie réagit-elle?
Sur ces différents points, des rappels pertinents et des informations inédites sont glissées ici et là. Le premier point rappelle comment et pourquoi le Maroc a enfin décidé de mettre fin à sa politique de la chaise vide et que la diplomatie marocaine n’exclut plus d’entretenir des contacts avec toutes les capitales du continent. Après 12 ans d’absence, Rabat vient ainsi de renvoyer un ambassadeur à Prétoria. Les relations sont également relancées avec des pays tels que le Nigéria, la Tanzanie et l’Ethiopie.
On découvre également que l’influence religieuse marocaine est réelle tant à travers le partage de rites qu’à travers les formations et les échanges intellectuels. "Le Maroc s’est d’abord appuyé sur des ressources symboliques, l’héritage spirituel, la confrérie soufie Tijaniyya pour les convertir en capital politique, diplomatique et enfin économique", explique au Figaro, Bakary Sambé, auteur d’Islam et diplomatie, La politique africaine du Maroc.
Au Sénégal, au Mali et au Nigéria, on compte plus de 35 millions de Tijanis dont le fondateur de la confrérie est enterré à Fès, faisant de la cité idrisside un lieu de pèlerinage.
Concernant le poids économique du pays en Afrique, la production d’engrais, les services bancaires et les projets énergétiques (gazoduc et renouvelables) constituent les arguments-clés du Maroc. Quant à l’accueil réservé en Afrique à l’offensive économique et diplomatique marocaine, il est jugé très positif sauf du côté d’Alger et de Pretoria.
A Dakar comme à Abidjan, à Kigali ou dans les capitales du Sahel, la satisfaction sur la stratégie marocaine gagnant-gagnant est réelle. "Pour nous, le moment pour le Maroc de rejoindre ses frères et ses sœurs est venu", indique ainsi la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, au quotidien parisien.
L’activisme diplomatique, les investissements marocains sur le continent et les liens spirituels du Maroc avec les Tijanis ne laissent pas Alger indifférente. "Tuteur assumé" du mouvement séparatiste sahraoui et bousculé par Rabat au Mali, au Niger et au Tchad, Alger "organise sa campagne contre le retour du Maroc dans les rangs de l’Union africaine", note Le Figaro. Et tente de sauver ce qu’il reste de liens "diplomatiques" entre les séparatistes menés par Brahim Ghali et certaines capitales telles Pretoria.
Ce dossier du Figaro est enfin illustré par trois infographies qui renseignent, en un clin d’œil, sur la bataille diplomatique en cours au sein de l’UA et les offensives diplomatiques et économiques du Maroc en Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est. S’il relève en partie d’instances diplomatiques internationales, le dossier du Sahara n’en reste pas moins un sujet clé de l’identité politique des Marocains, et naturellement central à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Maroc.