L'actrice, qui a remporté huit Golden Globes a saisi l’occasion de cette cérémonie cinématographique qui s’est tenue dimanche 8 janvier à Los Angeles, pour dénoncer les positions du nouveau président.

Récompensée pour sa contribution exceptionnelle au monde du divertissement, Meryl Streep a déclaré qu’à l’instar des étrangers et de la presse, Hollywood faisait désormais partie des populations les plus dénigrées de la société américaine.

Revenant sur les origines des acteurs, elle a interrogé l’auditoire en affirmant: "C'est quoi Hollywood? Seulement des gens originaires d'un peu partout (…) Je viens de l'école publique dans le New Jersey, (…) l’acteur Ryan Gosling du Canada et Natalie Portman de Jérusalem. (…) Où sont leurs actes de naissance?", en référence aux attaques de Trump sur la citoyenneté de Barack Obama.

"Hollywood est rempli d'étrangers et d'outsiders, si vous mettez tout le monde dehors, vous n'aurez plus rien d'autre à regarder que du football et du free-fight, ce n'est pas ce que l'on appelle de l'art", a-t-elle ajouté.

"Il y a eu de nombreuses performances qui sont sorties du lot cette année, mais il y en a une qui m'a laissée bouche bée. Elle n'avait rien de bon mais elle a été très efficace, elle a fait rire le public à laquelle elle était destinée. C'était ce moment durant lequel la personne qui voulait s'installer à la place la plus respectée du pays a ironisé sur un journaliste handicapé", en rappelant à son public une séquence de la campagne présidentielle dans laquelle Donald Trump s'était moqué en plein meeting d'un reporter handicapé du New York Times.

"Cela m'a brisé le cœur. Je n'arrive toujours pas à y croire parce que ce n'est pas du cinéma, c'est la vraie vie. Cet instinct d'humilier mis en avant en public, par quelqu'un de puissant, a une incidence sur la vie de tous parce que cela devient comme une autorisation à faire de même. Le manque de respect appelle au manque de respect. La violence appelle à la violence".

En conclusion, Meryl Streep a invité les médias à relever tous les dérapages du président du pays et demandé à ce que chacun défende la liberté de la presse et s'engage auprès du comité de protection des journalistes.

Ce lundi 9 janvier, Donald Trump a répondu aux attaques de Meryl Streep dans un entretien avec le New York Times, en déclarant qu’il n’était pas surpris par les déclarations de ces libéraux du cinéma en qualifiant l’actrice de "Hillary lover".

"Il faut se souvenir qu’elle a ouvert le discours de Hillary Clinton lors de la convention démocrate, et que beaucoup de ces gens du cinéma soutiennent Hillary", a conclu Trump.


Golden Globes: Meryl Streep attaque…