Après avoir signé mercredi 25 janvier, un décret sur son projet phare de construction d'un mur à la frontière avec le Mexique, Donald Trump pourrait en signer un autre qui bloquerait, pendant un mois, l'arrivée en Amérique de ressortissants de sept pays musulmans: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

Ce projet de décret présidentiel, que le quotidien Washington Post a publié mercredi 25 janvier au soir, est intitulé "Protéger la nation d'attaques terroristes par des étrangers" et il prévoit également l'arrêt complet, pendant quatre mois, du programme américain d'admission de réfugiés de pays en guerre.

Les Syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays, et dont seulement 10.000 ont été acceptés aux Etats-Unis en 2016, seraient, eux, définitivement interdits d'entrer.

Le nouveau président américain, élu sur des slogans de campagne isolationnistes et de lutte contre le "terrorisme islamique radical", veut diviser par deux le nombre de réfugiés accueillis en 2017, selon ce projet de décret.

L'administration de Barack Obama s'était donnée l'objectif d'accepter plus de 100.000 réfugiés cette année. L'administration Trump en viserait dorénavant seulement 50.000, toutes nationalités confondues.

Le nouvel occupant de la Maison Blanche a défendu ses mesures, affirmant mercredi soir sur la chaîne de télévision ABC, qu'il fallait agir dans "un monde en colère" devenu "un foutoir complet".

"Ce n'est pas une interdiction contre les musulmans, mais cela concerne des pays qui ont beaucoup de terrorisme", a affirmé le milliardaire populiste.

Avant même que le décret ne soit officiellement signé, il a été dénoncé par des groupes de défense des droits de l'homme.

"Tourner le dos à des réfugiés vulnérables ne va pas protéger les Etats-Unis", a condamné l'ancien patron du centre national du contre-terrorisme, Michael Olsen, aujourd'hui membre de l'association Human Rights First. Au contraire, "cela va nourrir le récit mensonger de l'Etat islamique (ndlr Da'ech) pour qui nous sommes en guerre contre les musulmans et non contre les groupes terroristes", a-t-il tonné.

Aux yeux aussi de l'ancien ambassadeur américain en Irak et en Syrie, Ryan Crocker, "interdire l'admission de réfugiés syriens va à l'encontre des valeurs de l'Amérique et sape son leadership".

Mais le président Obama ne s'était pas montré particulièrement généreux avec ceux qui fuient la guerre en Syrie, Washington n'ayant accueilli que 18.000 Syriens depuis 2011.

(Avec AFP)