Selon le "Combating terrorism center",  les documents ont été découverts en janvier 2017 par une chercheuse de Harvard embarquée avec l’armée irakienne, qui progressait dans la ville de Mossoul. Le CTC a ensuite authentifié les 20 pages manuscrites et les documents rédigés en anglais et en arabe.

Leur analyse a permis de montrer comment Da'ech "a essayé de bricoler, développer et améliorer sa capacité de nuisance en utilisant un programme de fabrication de drones".

Le centre poursuit que les documents ne "représentent qu’une infime partie du matériel interne de Da'ech sur ce sujet" car ils remontent à 2015 et ne sont pas exhaustifs, mais ils permettent d’en savoir plus sur la manière dont l'organisation veut faire évoluer les capacités militaires des drones à son avantage.

Les bilans retrouvés qui font état d’opérations d’espionnages, d’entraînements et de bombardements montrent que Da'ech a réussi à maîtriser, en peu de temps, leur assemblage pour nuire à ses ennemis au sol.

Cette découverte confirme les observations des troupes irakiennes et alliées qui ont recensé depuis novembre 2016 pas moins de 80 attaques, souvent meurtrières, de drones assemblés à partir de composants pris sur l'étagère, c'est-à-dire produits en série sans être destinés à un projet spécifique.

Les analystes du CTC n’ont pas réussi à déterminer où les jihadistes se fournissaient en composants, mais les reçus retrouvés indiquent "qu’il est possible que l’Etat islamique (ndlr Da'ech) ait acquis une partie de l’équipement directement en ligne, probablement via des relais dans des pays hors de la région, et donc potentiellement sur des sites de ventes grand public."

Si l’intérêt de Da’ech pour les drones remonte à 2013, avec comme premiers objectifs des missions de reconnaissance, les documents trouvés en 2017 montrent que dès 2015, l'organisation a créé une brigade consacrée aux drones qui dépend du Comité de production et développement militaire.

Ainsi, en octobre 2016, les combattants terroristes ont piégé un drone qui a fait ses premières victimes. Un drone est tombé près de militaires kurdes qui l’ont ramassé, sans savoir qu’il contenait une bombe. L’explosion qui a suivi a tué deux d’entre eux et blessé deux autres français.

D’après un porte-parole de l'armée américaine cité par le CTC, "un tiers des drones qui lâchaient des bombes ont été modifiés pour exploser au sol". Il poursuit que l'armée irakienne a recensé plus d'une dizaine de morts et une cinquantaine de blessés dans ces attaques.

Les archives retrouvées montrent que cette unité effectue des inspections pré et post-missions, avec des formulaires de rapport d'utilisation pour s’assurer que les drones fonctionnent bien avec des cases "réussite" ou "échec" après chaque opération.