En annonçant ne plus être arc-boutée sur la solution à deux Etats, la Maison Blanche marque une rupture inédite avec ce qui est depuis des décennies la référence de la communauté internationale pour un accord de paix qui mettrait fin à l'un des conflits les plus vieux au monde.

La "solution à deux Etats" prévoit la création d'un Etat de Palestine qui coexisterait en paix avec Israël.

Y renoncer "n'a aucun sens", a réagi Hanane Achraoui, une des dirigeantes de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), quelques heures après qu'un responsable de la Maison Blanche eut estimé qu'"une solution à deux Etats qui n'apporte pas la paix est un objectif que personne ne cherche à atteindre".

Dénonçant "une politique pas responsable", Mme Achraoui a accusé la nouvelle administration américaine "d'essayer de satisfaire la coalition extrémiste de (Benjamin) Netanyahu", qui dirige actuellement le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, a de son côté dénoncé "un jeu fourbe" de Washington visant à renforcer son rapprochement avec Israël.

Le principe de deux Etats, israélien et palestinien vivant côte-à-côte dans la paix et la sécurité, a été défendu depuis un demi-siècle par tous les présidents américains et est prôné par l'ONU comme par l'Union européenne.

Pourtant, le responsable américain a estimé que "la paix est l'objectif, que cela soit sous la forme d'une solution à deux Etats si c'est ce que les parties veulent, ou quelque chose d'autre si les parties le veulent".

Il a insisté sur le fait que Washington "ne dictera pas les termes" de la paix, alors que M. Netanyahu dénonce régulièrement les "diktats" de la communauté internationale pour résoudre l'un des plus vieux conflits de la planète.

(Avec AFP)