Belle surprise pour les amateurs de jazz lassés de devoir prendre l’avion pour contenter leurs oreilles. Christian Scott qui s’est produit en 2016 au festival d’Essaouira a laissé aux mélomanes présents un souvenir impérissable qu’il se propose de rééditer lors de la prochaine édition du festival Jazzablanca.
Tout comme son aîné et contemporain Roy Hargrove, ce trompettiste donne foi dans l’avenir de ce répertoire musical car ceux qui trouvaient que le jazz était plus fascinant dans le passé n’avaient pas imaginé qu’il finirait un jour par s’enfuir des caves pour remonter dans la rue.
Puisant les racines de ses compositions dans le rap, la soul et le rock, le jeune prodige, à la trompette personnalisée, est désormais un des talents les plus en vue de la scène du jazz contemporain.
Si ses sonorités chuintées peuvent rebuter certains, il n’en demeure pas moins que ce prodige a su tracer sa route en devenant incontournable sur les plus grandes scènes mondiales du jazz.
Afin de mieux comprendre son univers, il n’est qu’à se référer à cette citation qu’il oppose à ceux qui persistent à vouloir le comparer à ses aînés comme Miles Davis ou Dizzy Gillespie: "Vous ne pouvez pas vous élever, si vous pensez que les contributions de vos prédécesseurs sont plus grandes que ce que vous pouvez accomplir car chaque génération doit saisir la chance de se trouver."
Pour les connaisseurs, Scott a enregistré un album dans le studio de Rudy Van Gelder, légendaire ingénieur du son décédé en août 2016, que les musiciens de jazz s’arrachaient depuis 70 ans. Il a aussi collaboré à l’album "Planet Earth" du défunt Prince connu pour son haut niveau d’exigence instrumentale.
Trêve de bavardages et place à l’écoute du titre éponyme de son 2e album "Rewind That" qui donne un aperçu de son souffle magique et montre une maîtrise parfaite des gammes, articulations et intonations musicales.