Cela fait une dizaine d’années que le Maroc évoque le fort potentiel de son artisanat culturel, notamment à l’export.

Par artisanat culturel, on entend la production non destinée à la consommation utilitaire.  L’une des pistes choisies consiste à rapprocher les artisans du monde du design.

L’artisanat et le design sont deux mondes censés être complètement différents. Le premier consiste en un travail effectué généralement par une seule personne, où chaque pièce est unique, où la même personne conçoit, fabrique et parfois vend.

Le design est au contraire une industrialisation. Après la conception, il y a la fabrication en série. L’artisan, quel que soit son talent, est physiquement limité par sa capacité à produire. Conquérir des marchés immenses, réaliser des chiffres d’affaires de plusieurs milliards de DH, ne peut se concevoir sans une fabrication en série.

Les seuls points communs entre les deux procédés sont le contenu culturel typiquement marocain et difficile à concurrencer/ Le second point est la conception. Mieux, le passage au design se traduit généralement par l’émergence de griffes. Plus les objets seront signés, plus les créateurs seront mis en avant, et plus les produits seront valorisés.

Par contre, le design a un côté séducteur et marchand qui peut rebuter les puristes.

Depuis 2005, le ministère de tutelle puis la Maison de l’artisan travaillent à des stratégies où l’Etat joue un rôle de développement et de mutation du secteur. Le premier qui avait médiatisé cette approche et en avait conçu les fondements, avait été Adil Douiri.

En 2015, le groupe Holmarcom présidé par Mohamed Hassan Bensalah a créé au rez-de-chaussée de son siège, une galerie, la galerie “H“, dédiée à la promotion de l’artisanat culturel et du design inspiré de l’artisanat marocain.

Les trois opérateurs, ministère de l’artisanat, Maison de l’Artisan, Holmarcom, se sont naturellement retrouvés dans le projet de formation d’artisans marocains dans l’une des plus prestigieuses écoles de design au monde, la Rhode Island School of Design.

“Une dizaine d’artisans marocains de la céramique et de la poterie seront formés dans l’école américaine“, nous annonce M. Aadnani, DG de la Maison de l’Artisan. Il s’agira d’une expérience pilote qui pourrait être élargie à d’autres secteurs tels que le bois, le cuir ou le zellige.

Samedi 25 mars à la galerie H, le Ministère de l’Artisanat, la Maison de l’Artisan, le Groupe Holmarcom et la Rhode Island School of Design ont signé une convention relative à la promotion de l’artisanat marocain. L’objectif est évidemment d’améliorer l’attractivité des produits d’artisanat, notamment à l’international.

Outre la promotion et le référencement stratégique de l’artisanat marocain dans le cursus de formation de la RISD, ce programme vise entre autres à introduire la dimension design dans le secteur de l’artisanat d’art et créer une plateforme d’échanges pédagogiques au profit des maîtres artisans et des créateurs marocains ainsi qu’aux étudiants et professeurs de la RISD.

Les quatre parties prenantes qui ont signé une convention le samedi 25 mars 2017 à la Galerie H, étaient représentées par Fatima Marouan (Ministre de l’Artisanat et de l’Economie Sociale et Solidaire), Abdellah Aadnani (Directeur Général de la Maison de l’Artisan), Mohamed Hassan Bensalah (PDG du Groupe Holmarcom) et Daniel Cavicchi (Vice Doyen de la RISD).

Le choix porté par le Ministère de l’Artisanat sur le Groupe Holmarcom pour l’accompagner sur ce projet n’est pas fortuit. Reconnu pour son engagement sociétal, Holmarcom s’attache par ailleurs à soutenir l’essor de l’artisanat marocain, notamment via la Galerie H, un espace de création et d’exposition, créé en février 2015, dédié à la rencontre entre artisanat et design.

La première action de cet accord va porter sur le lancement d’un programme pilote de 16 mois dans le domaine de l’éducation et de la formation, avec notamment la formation de dix artisans marocains. A l’issue de cette étape, d’autres actions communes seront mises en place.