Cette opération militaire des Etats-Unis contre le régime syrien a été menée avec "59 missiles" de croisière Tomahawk, qui ont visé en pleine nuit la base aérienne d'Al-Chaayrate (province de Homs, centre).

Au moins quatre soldats syriens ont été tués, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). "L'aéroport a été presque totalement détruit: les avions, le tarmac, le dépôt de fuel et le bâtiment de la défense aérienne ont été pulvérisés", a précisé à l'AFP son directeur, Rami Abdel Rahmane.

"Il y a des blessés qui sont atteints de brûlures" et "des incendies que nous tentons de maîtriser", a pour sa part indiqué Talal Barazi, le gouverneur de Homs.

Dans une adresse solennelle à la télévision depuis sa résidence en Floride, Donald Trump a expliqué que ces frappes étaient "associées au programme" d'armes chimiques de Damas et "directement liées" aux évènements "horribles" de mardi 4 avril.

Ce jour-là, un raid imputé à l'armée syrienne contre la localité de Khan Cheikhoun a fait au moins 86 morts, dont 27 enfants, et provoqué une indignation internationale. Les images de victimes agonisantes ont choqué le monde.

"Horrible attaque"

Le visage grave, Trump a appelé les "nations civilisées" à mettre fin au bain de sang en Syrie, ravagée par une guerre qui a fait 320.000 morts depuis mars 2011. Cette guerre a jeté des millions de personnes sur les routes et provoqué la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

En arrivant jeudi en Floride pour recevoir son homologue chinois Xi Jinping, qu'il a personnellement informé, M. Trump avait encore dénoncé une "honte pour l'humanité".

Il a accusé "le dictateur syrien Bachar al-Assad (d'avoir) lancé une horrible attaque avec des armes chimiques contre des civils innocents en utilisant un agent neurotoxique mortel".

De son côté, la télévision syrienne a qualifié les frappes d'"agression".

La coalition de l'opposition politique syrienne s'en est au contraire félicitée. "Nous espérons la poursuite des frappes", a déclaré Ahmad Ramadan, un porte-parole.

(Avec AFP)