A l’issue du violent débat qui l’a opposé à Marine Le Pen mercredi 4 mai soir à la télévision française, Emmanuel Macron -qui avait déjà créé la surprise en arrivant en tête à l’issue du premier tour- le 23 avril dernier- en est ressorti vainqueur de l’avis général. A 63%, voire parfois 64%, les personnes sondés l’on jugé "plus convainquant" et "plus présidentiable" que Le Pen.

A l’issue du débat de mercredi soir, Marine Le Pen aura réussi, par son attitude faite de ricanements, de contre-vérités, et de critiques plus que de propositions, la prouesse de perdre l’un des rares avantages qu’elle comptait au sein de l’opinion publique française, celui de "mieux comprendre les problèmes des gens". A égalité sur ce point avec Macron à la veille du débat, le candidat d’"En Marche!" a réussi à prendre l’avantage dans un sondage mené dans les heures qui ont suivi la fin du débat des élections présidentielles.

Ce n’est pas une mince performance face à une adversaire qui manie le mensonge comme principal argument. A tel point que l’économiste Emeric Henry, dans "Le Monde" daté du vendredi 5 mai, pointe le fait que "face au FN, la vérité est impuissante". La presse française ou étrangère de ce jeudi relève très largement les mensonges et contre-vérités qui ont servi comme arguments et illustrations au discours de Mme Le Pen.

Comparée à Trump pour ses mensonges et sa violence verbale, Marine Le Pen aura été fidèle à elle-même jusqu’aux dernières minutes du débat en insinuant l’existence d’un compte offshore de Macron aux Bahamas et faisant dans les toutes dernières secondes du débat allusion à la continuité entre Macron et le président François Hollande. La grande majorité des électeurs français et les observateurs nationaux et étrangers de la vie politique française n’étaient pas, avant ce débat, habitués à de telles mœurs politiques.

Sondages: en tête aux législatives

Donné vainqueur à 60/40 contre Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle qui se tient ce dimanche 7 mai, Emmanuel Macron aura eu la bonne nouvelle d’apprendre dans la même soirée du mercredi que les résultats des premiers sondages des législatives du mois de juin prochain.

"En Marche!" est donné en tête avec 249 à 286 sièges quand il faudrait 299 sièges pour obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. Les Républicains obtiendraient 200 à 210 sièges. Le PS serait à 28-43 sièges, le FN a 15-25 sièges, le PC et la France Insoumise à 6-8 sièges.

La bonne tenue électorale des candidatures d’Emmanuel Macron et d’"En Marche!" ne peut que rassurer les partenaires de la France dont le Maroc. Une orientation politique de la France vers l’extrême-droite du FN aurait déstabilisé les relations bilatérales. Sur la coopération industrielle, la communauté marocaine en France et les binationaux et les rapports du Maroc avec l’UE, Macron apparaiît plus dans la continuité et le FN dans la rupture brutale et démagogique.

Avec son passé de gestionnaire et de banquier, Macron peut impulser des dynamiques de partenariat bilatéral plus efficaces et plus prometteuses. Son idée de développer des coopérations inclusives avec les pays du Maghreb et d’Afrique de l’ouest également.

Une fois élu, il ne devrait pas tarder à se rendre en visite officielle au Maroc. Mais comme pour Trump et le vote anglais du Brexit à la fin de l’année dernière, il faudra tout de même attendre les résultats du vote des électeurs français dimanche soir pour savoir.