Le président Donald Trump a apporté son soutien à la stratégie d'isolement initiée par l'Arabie saoudite, mais d'autres responsables américains se sont montrés plus réservés et ont appelé au dialogue.

"La vente de 12 milliards de dollars va donner au Qatar une technologie de pointe et augmenter la coopération sécuritaire entre les Etats-Unis et le Qatar", a affirmé le ministère de la Défense dans un communiqué.

Le Pentagone n'a pas livré d'autre détails sur la vente qui, selon Bloomberg, concernerait 36 de ces appareils.

MM. Mattis et Al-Attiyah ont également évoqué des questions de sécurité à cette occasion, dont la menace du groupe Da'ech et "l'importance de désamorcer les tensions pour que tous les partenaires dans la région du Golfe puissent se concentrer sur les prochaines étapes pour atteindre (leurs) objectifs communs".

Chaud et froid 

Depuis que la crise a éclaté dans le Golfe, Washington souffle le chaud et le froid. M. Trump a donné l'impression de prendre le parti de l'isolement du Qatar, qu'il a accusé de financer "le terrorisme à un très haut niveau". Mais le département d'Etat et le Pentagone ont multiplié de leur côté les appels à l'apaisement et au dialogue.

Un ballet diplomatique se poursuit pour trouver une issue à cette montée des tensions qui a vu aussi les adversaires de Doha fermer leurs frontières aériennes, maritimes et terrestres avec le Qatar. Doha a dénoncé un "blocus" et des conséquences "inacceptables" pour la population.

Le riche petit émirat, à qui l'on reproche ses liens étroits avec la confrérie des Frères musulmans, a également défendu "l'indépendance" de sa politique étrangère.

Outre les Etats-Unis, la Turquie, le Koweït et la France sont à la pointe des efforts diplomatiques.

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu était ainsi mercredi au Qatar et il devait se rendre jeudi 15 juin au Koweït et vendredi 16 juin en Arabie saoudite pour y rencontrer le roi Salmane, selon l'agence progouvernementale Anadolu.

Le royaume saoudien "a la capacité de résoudre la crise" en tant que "grand frère de la région et acteur majeur", a déclaré le porte-parole de la présidence turque.

Le président Recep Tayyip Erdogan doit avoir un entretien téléphonique avec M. Trump dans les prochains jours.

Le porte-parole de la présidence turque a également indiqué que des discussions tripartites entre Ankara, Paris et Doha étaient programmées.

Le président français Emmanuel Macron rencontrera par ailleurs à Paris, d'ici fin juin, un dirigeant des Emirats arabes unis qui jouent un rôle majeur avec Ryad dans la campagne contre le Qatar.

Cette série de contacts s'ajoute aux efforts de médiation déployés dès le début de la crise par le Koweït, pays du Golfe qui n'a pas rompu avec le Qatar.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a exprimé son "plein soutien aux efforts du Koweït pour une désescalade des tensions et la promotion d'un dialogue efficace".

(Avec AFP)