En début d'après-midi, le feu se poursuivait sur quatre fronts, dont deux d'une très grande violence, selon les autorités, et plus de 900 pompiers et près de 300 véhicules étaient toujours mobilisés pour combattre ce sinistre, le plus meurtrier de l'histoire récente du Portugal.
Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national. "L'incendie a atteint une dimension de tragédie humaine jamais connue jusqu'ici", a déclaré, très ému, le Premier ministre Antonio Costa qui s'est rendu sur les lieux du drame, à Pedrogao Grande dans la région de Leiria.
Sur les collines situées entre les bourgades de Pedrogao Grande, Figueiro do Vinhos et Castanheira de Pera, encore recouvertes d'eucalyptus et de pins 24 heures plus tôt, la dévastation était totale dans les zones où le feu est passé.
De chaque côté de la route nationale IC8, sur au moins 20 km, une épaisse couche de fumée blanche restait suspendue au-dessus des arbres carbonisés et du sol noirci.
Devant quelques maisons abandonnées, partiellement endommagées, une carcasse de voiture calcinée était abandonnée au bord d'une route secondaire. Plus loin, le cadavre d'un homme recouvert d'un drap blanc gisait, entouré par des gendarmes portant des masques.
Violence du vent
Selon le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Jorge Gomes, 18 personnes ont péri dans leurs voitures, piégées par les flammes alors qu'elles circulaient sur la route reliant Figueiro dos Vinhos à Castanheira de Pera.
"Tout a brûlé très vite à cause de la violence du vent. Les flammes sont passées à deux ou trois kilomètres de ma maison. On avait déjà eu des incendies dans la région, mais jamais de morts", a témoigné à l'AFP Isabel Ferreira, 62 ans, qui réside dans un village des alentours.
"Je connaissais plusieurs des victimes. Une de mes collègues a perdu sa mère et sa fille de quatre ans, car elle n'a pas réussi à les sortir de l'arrière de la voiture", a-t-elle raconté.
La police judiciaire a indiqué avoir "réussi à déterminer qu'un orage sec est à l'origine de l'incendie", écartant la piste criminelle. "Nous avons trouvé l'arbre frappé par la foudre", a déclaré son directeur national, Almeida Rodrigues.
D'après le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, les flammes se sont propagées "avec beaucoup de violence". Plusieurs villages ont été touchés et un plan d'évacuation a été mis en oeuvre pour certains d'entre eux.
Le Portugal a connu samedi une forte canicule, avec des températures dépassant les 40 degrés dans plusieurs régions, qui s'est prolongée dimanche.
Plus de 160 incendies de forêt faisaient encore rage à travers le pays dimanche après-midi, combattus par plus de 2.000 pompiers.
Relativement épargné en 2014 et 2015, le pays avait été durement touché l'an dernier par une vague d'incendies qui avaient dévasté plus de 100.000 hectares sur son territoire continental.
Sur l'île touristique de Madère, où les feux ont fait trois morts en août, 5.400 hectares sont partis en fumée en 2016 et près d'une quarantaine de maisons ont été détruites.
Des incendies ravageurs avaient eu lieu aussi au Portugal en 2003, faisant une vingtaine de morts.
(avec AFP)