"Le but de cette démarche est d'expliquer aux collectivités, quelle que soit leur taille, qu'il est important de mettre en place ce numéro d'enregistrement car cela va leur permettre d'avoir une photographie exacte du nombre de meublés de courte durée", a expliqué à l'AFP Roland Héguy, président de l'Umih, selon qui ce décret est "primordial pour plus d'équité dans l'hôtellerie".

Ce décret, publié début mai, permet aux communes de plus de 200.000 habitants et à celles de la petite couronne parisienne de créer un numéro d'enregistrement pour les meublés faisant l'objet d'une location de courte durée afin de pouvoir vérifier notamment qu'ils n'excèdent pas la durée limite légale de location de 120 jours par an lorsqu'il s'agit de résidences principales.

"Nous adressons à plus de 1.500 communes et stations touristiques, communautés d'agglomérations, métropoles (en France), un kit simple et pédagogique pour les accompagner dans la mise en oeuvre de la plus rapide des  procédures d'enregistrement des locations meublées et leur rappeler les dispositions existantes pour la collecte de la taxe de séjour", soulignent l'Umih et le Groupement National des Chaînes Hôtelières (GNC) dans un communiqué commun.

La procédure d'enregistrement "apportera à l'ensemble des communes une meilleure lisibilité de l'ensemble de l'offre d'hébergement: les communes pourront contrôler l'évolution du marché de la location meublée et la comparer à celle de l'offre d'hébergement permanent", ajoute M. Héguy.

"Le numéro d'enregistrement permettra aux municipalités d'assurer un meilleur recouvrement de la taxe de séjour. En effet son produit aurait dû atteindre en France, en 2016, 450 millions d'euros en y incluant les locations d'appartements alors que seuls 300 millions d'euros ont été collectés principalement par l'hôtellerie marchande", poursuit le communiqué.

Pour l'heure, aucune ville n'a officiellement adopté cette mesure. Mais dans la capitale, elle sera soumise aux voix des élus lors du prochain Conseil de Paris la semaine prochaine pour une "mise en oeuvre rapide", a indiqué la maire PS Anne Hidalgo.

Airbnb, pour laquelle Paris est l'un des premiers marchés du monde avec 65.000 logements revendiqués, a proposé en décembre à la Ville de mettre en place un système de blocage automatique dès lors que le maximum des 120 nuits est dépassé.

Barcelone menace de durcir encore sa guerre contre Airbnb

Par eilleurs, la ville de Barcelone, première destination touristique en Espagne, a menacé cette semaine d'intensifier sa guerre contre Airbnb, accusée d'offrir des appartements sans les licences de tourisme nécessaires.

"Une nouvelle procédure de sanction sera lancée si Airbnb ne fait pas preuve de bonne volonté", a déclaré mardi 27 juin à l'AFP Janet Sanz, responsable municipale des affaires d'Urbanisme en accusant la plateforme de se croire "au-dessus de la loi".

La plateforme a déjà été condamnée à une amende de 600.000 euros pour récidive, après deux premières amendes de 30.000 euros. Elle devrait entrer en phase de recouvrement cette semaine.

Barcelone est dirigée depuis juin 2015 par Ada Colau, une militante anti-expulsions dont la priorité est de résoudre les problèmes de logement de la capitale catalane.

La ville de Gaudi enregistre une forte hausse des prix de l'immobilier et ses habitants dénoncent une saturation touristique, encore aggravée par l'essor de ce genre de plateforme.

La mairie, a précisé la responsable, veut se rapprocher du gouvernement régional catalan pour tenter de modifier la loi sur le tourisme, "durcir les amendes" et même "saisir si nécessaire le site de la compagnie pour l'obliger à mettre fin à ses activités".

Le conflit s'est envenimé après la découverte sur le site de plusieurs sous-locations de logements sans autorisation des propriétaires. Selon la mairie, sur un an, 316 cas de sous-locations ont été détectés sur près de 3.211 appartements touristiques "illégaux".

Un de ces appartements était justement mis en location par un ancien cadre d'Airbnb.

Le site s'est cependant défendu en assurant qu'il n'était plus employé par Airbnb et que l'annonce avait été retirée. Dans un communiqué, Airbnb assure par ailleurs qu'elle contestera les sanctions.

La plateforme ajoute avoir lancé un plan pour limiter le nombre d'annonces autorisées pour chaque usager et faciliter le versement de taxes touristiques à travers la page.

En 2016, 1,3 million de personnes se sont logées à Barcelone par le biais d'Airbnb, selon la compagnie qui souligne les importantes retombées économiques que cela entraîne pour la ville.

(Avec AFP)