S’il y a bien un concert pour lequel beaucoup de festivaliers ont fait le déplacement jusqu’à Essaouira, c’est bien celui de la troupe franco-algérienne Gnawa Diffusion ce vendredi 30 juin. C’est sur la scène de la plage que Amazigh Kateb, le chanteur du collectif, et ses amis ont retrouvé un public immense. Cet habitué du Maroc et du festival Gnaoua n’a pas déçu, comme à son habitude. Même s’il a perdu un peu d’énergie et que Amazigh Kateb n’est plus la bête de scène d’il y a 15 ans, le public était conquis.

Le concert a débuté avec un léger retard justifié par des petits soucis techniques. "Les balances étaient un peu difficiles à réaliser avec le vent, mais heureusement que ça s’est calmé un peu après le début du concert", explique le musicien à Medias24. Mais il n’était pas au bout de ses surprises. Peu de temps avant le début du concert, le Guembri de Kateb est tombé en panne, avant que le Mâalem Hassan Boussou lui prête le sien. Quelques petits réglages et un petit temps d’adaptation plus tard, Gnawa Diffusion a mis le feu en jouant les plus beaux morceaux de ses différents albums.

"Je n’ai jamais joué en face de la mer, et j’ai beaucoup apprécié. Du haut de la scène je voyais un océan de monde, le sable et  l’Atlantique en face. Ce dégradé été trop beau", raconte Amazigh Kateb. Dans le public, l’énergie était au rendez-vous et beaucoup d’échanges avec les musiciens. En plus des fans inconditionnels de la troupe et du chanteur en particulier, on pouvait croiser des personnes venues à la découverte de ce genre musical propre à Gnawa Diffusion. D’ailleurs, le chanteur lui même reconnaît avoir distingué les curieux.

"Ce que j’ai retenu le plus hier, en comparaison avec les autres concerts que j’ai pu faire au Maroc et à Essaouira particulièrement c’était l’écoute. Il y avait ceux qui connaissent tous les titres par cœur mais d’autres aussi plus silencieux et qui sont venus pour la musique", relève le chanteur.

Il faut dire aussi que le groupe a joué de nouveaux morceaux. Amazigh Kateb a même récité les paroles d’un titre sans musique pour mettre ses invités dans l’ambiance. "Ce qui me fait le plus plaisir, c’est qu’il y a des gens qui viennent entendre un discours et des propos qui leur parlent aussi", a-t-il remarqué.

D’ailleurs, la réputation de Amazigh Kateb, qu’il a aussi hérité de son père, c’est d’être plus proche de son public que des cercles du pouvoir. Au Maroc aussi, il est le symbole d’une jeunesse libre et assoiffée de changement. "Je sais qu’ici, mes fans me voient comme un anarchiste. Ils savent que je ne suis pas manipulé et je ne sers les affaires de personnes", avoue Amazigh Kateb.

La musique a cessé de raisonner vers les coups de 2H30 du matin, laissant et le public et même le collectif insatiables. "Nous avions préparé une play-list de presque 3H30, mais nous n’avons joué que 2H15", déplore notre interlocuteur.

Le timing ne permettait pas que le groupe continue. Le règlement voulait que le concert s’arrête vers 2H du matin, et pourtant ça a continué jusqu’à plus de 2H30. "Le responsable son avait, en plus, un avion à prendre donc nous avons arrêté plus tôt que prévu, mais c’était une très belle soirée", conclut le musicien.