Le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi est arrivé dans la ville libérée de Mossoul et a félicité les combattants héroïques et le peuple irakien pour cette victoire majeure, a indiqué son bureau dans un communiqué.

Lancée le 17 octobre dernier, la reconquête de Mossoul a duré plus de 9 mois. Les célébration ont commencé tôt dans la matinée, selon l’AFP. Pour la population locale, c’est la plus grande victoire des forces irakiennes contre les jihadistes du groupe Etat islamique.
"Ces deux derniers jours, nous sommes arrêtés à 100/50 mètres du Tigre", avait de son côté expliqué à l'AFP à Mossoul le lieutenant-général Abdel Ghani al-Assadi, un commandant des troupes d'élite du contre-terrorisme (CTS).
Près de neuf mois après le début de l'opération pour reprendre la deuxième ville d'Irak, dont l'EI s'était emparé en 2014, les derniers jihadistes ont été assiégés dans deux pâtés de maisons au coeur de la vieille ville, près du Tigre. Et les derniers jihadistes, "déespérés, (…) font autant de ravages qu'ils le peuvent", explique le général Sofge.
"L'ennemi a semé des engins piégés partout, à chaque endroit, dans chaque placard, dans un cas, sous un couffin même", poursuivait le gradé américain.
Certains se font passer pour morts, vêtus de gilets explosifs, qu'ils mettent à feu à l'approche des forces irakiennes de sécurité. Des femmes combattantes se sont elles faites sauter au milieu de civils déplacés.
D'après le lieutenant-général Assadi, la progression a été lente et difficile par la présence des nombreux kamikazes de l'EI, mais aussi par les bombes dans les maisons. Complication supplémentaire: l'armée ne peut utiliser les bombardements en raison de la présence de milliers de civils.
Affamés et choqués
Samedi, les combats le long du Tigre semblaient moins intenses que les jours précédents, selon un journaliste de l'AFP qui a régulièrement entendu des rafales d'armes automatiques, des tirs de mortiers et d'artillerie légère, ainsi qu'au moins deux bombardements aériens.
Selon Abdel Ghani al-Assadi, ses troupes ont tué des combattants de l'EI qui tentaient de fuir en traversant le Tigre. D'autres jihadistes cherchent eux à se fondre dans le flot des réfugiés civils, après avoir rasé leurs barbes et changé de vêtements, selon le général Sofge.
Des civils libérés par l'avancée des forces irakiennes continuaient d'arriver samedi dans les quartiers périphériques pour y être accueillis, nourris et éventuellement soignés avant d'être dirigés vers des camps.
Une équipe de l'AFP a ainsi pu voir samedi un groupe d'une soixantaine de femmes et enfants, les hommes étant restés au poste de contrôle pour des vérifications.
Affamés et choqués, beaucoup de ces civils étaient en pleurs et disaient avoir perdu des proches dans les combats, les bombardements aériens de la coalition internationale qui soutient les forces irakiennes, les tirs de mortiers et les snipers jihadistes.
Sur le plan humanitaire, l'offensive à Mossoul a eu des répercussions majeures. Sur les 915.000 personnes ayant fui la ville, environ 700.000 sont toujours déplacées, selon Lise Grande, la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak.
La fin des combats à Mossoul ne marquera cependant pas la disparition de l'EI, qui contrôle encore des secteurs en Irak et des territoires dans l'est et le centre de la Syrie, où son fief Raqa est assiégé par des forces soutenues par Washington.
Le groupe ultraradical conserve en outre des capacités de mener régulièrement des attentats à la bombe meurtriers dans des secteurs sous contrôle du gouvernement.
L'EI a encore "largement de quoi se battre", a estimé le général Sofge. "La libération de Mossoul va susciter une réaction" chez les jihadistes.