A l'origine de l'affaire, l'utilisation du Fipronil – un antiparasite pourtant strictement banni dans les élevages de poules par l'Union européenne – par des sociétés de désinfection intervenant dans des exploitations agricoles aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne.

Le Danemark, la Slovaquie et la Roumanie ont annoncé jeudi 10 août être à leur tour affectés, ce qui porte à 12 le nombre de pays européens où la présence d'œufs contaminés a été confirmée à ce jour.

Vingt tonnes d'œufs contaminés, provenant de Belgique, ont été vendus au Danemark, a indiqué l'Autorité alimentaire et vétérinaire du pays, tandis que la Slovaquie a annoncé avoir découvert des œufs contaminés importés des Pays-Bas et ayant transité par l'Allemagne. L'autorité sanitaire-vétérinaire roumaine (ANSVSA) a de son côté trouvé dans un entrepôt de l'ouest du pays une tonne de jaunes d'œufs contaminés au Fipronil, en provenance d'Allemagne.

Et le Royaume-Uni, qui avait jusque-là affirmé n'être que marginalement touché, a reconnu jeudi que 700.000 œufs contaminés avaient été importés pour être utilisés dans la fabrication de produits alimentaires.

Dans le volet judiciaire du scandale, deux dirigeants "de l'entreprise qui a probablement appliqué le produit dans les élevages avicoles" ont été arrêtés jeudi aux Pays-Bas, selon le parquet, qui n'a pas révélé le nom de la société. Mais selon les médias néerlandais, il s'agit de ChickFriend, largement mise en cause par les éleveurs touchés.

"Appât du gain"

En Belgique, 11 perquisitions ont été menées "dans tout le pays" dans le cadre de l'enquête qui cible désormais 26 personnes et entreprises suspectes, selon le parquet d'Anvers (nord).

Il a précisé que "près de 6.000 litres de produits interdits" – du Fipronil selon les médias – avait été saisis en juillet dans une société belge. Là encore, la justice n'a pas désigné nommément l'entreprise, mais elle est identifiée comme le distributeur de produits sanitaires pour l'élevage Poultry-Vision, à l'origine du scandale avec ChickFriend, selon les médias.

Le dirigeant de Poultry-Vision a été "entendu" en juillet, puis "relâché sous strictes conditions", précise le parquet, qui "prend les faits très au sérieux, vu leur gravité, leur ampleur, leur caractère organisé et leur contexte international".

"Ajouter des produits interdits à des produits utilisés dans l'industrie alimentaire par appât du gain met en danger la sécurité alimentaire et abîme la confiance du consommateur", a-t-il rappelé.

Ces opérations interviennent alors que la crise des œufs contaminés continue de préoccuper les autorités sanitaires en Europe, même si les risques pour la santé du consommateur sont a priori limités.

L'UE estime qu'il n'y a aucun risque pour le consommateur s'il ingère moins de 0,009 mg/kg au cours d'un repas ou d'une journée. Pour une personne pesant 60 kg, cela représente 0,54 mg, soit environ huit des œufs présentant la plus forte concentration de Fipronil.

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