L'imam Raja Miah du quartier de Raval à Barcelone a croisé moins de fidèles depuis les attentats en Catalogne. L'importante communauté musulmane du quartier se fait discrète, craignant de ne plus vivre l'harmonie entre communautés religieuses qui règne en Espagne.
"Les gens ont vraiment peur", explique le jeune Raja Miah, assis dans une pièce minuscule tandis qu'à côté, des enfants étudient le Coran dans cette modeste mosquée proche des Ramblas, l'avenue endeuillée par l'attentat où 13 personnes ont trouvé la mort jeudi 17 août.
"Dès qu'ils sortent, les gens ont peur. Ils sont peu nombreux à venir prier. D'habitude nous sommes une quarantaine, mais hier soir, nous étions quinze et ce matin, dix", expliquait samedi 19 août le jeune religieux de 23 ans, arrivé il y a neuf ans dans la capitale catalane.
La communauté musulmane du pays avait la sensation jusqu'à présent de vivre dans une petite oasis d'entente.
En Espagne, les partis d'extrême droite sont isolés. La société accepte bien la différence. Seuls 4% des citoyens estiment que l'immigration constitue un problème, selon les études d'opinion du Centre de recherches sociologiques (CIS).
Après la vague d'attentats du groupe Da'ech en Europe, le nombre d'actes islamophobes a tout de même flambé, passant de 48 à 534 entre 2014 et 2015, selon la Plateforme citoyenne contre l'islamophobie.
(Avec AFP)