Un pic a été atteint ces dernières 24 heures, avec quelque 37.000 réfugiés ayant passé la frontière en une journée.
"Les gens sont installés dans des camps de réfugiés, sur les routes, dans les cours d'école et même dehors. Ils défrichent pour créer de nouveaux refuges. L'eau et la nourriture vont manquer", a expliqué Nur Khan Liton, militant des droits de l'homme au Bangladesh.
Outre le manque de vivres et d'espace dans des camps surpeuplés -plus de 400.000 Rohingyas y étaient déjà hébergés après avoir fui des vagues de violences antérieures-, l'état de santé des nouveaux réfugiés inquiète les organisations en cette saison des pluies.
"Ces personnes ont faim, ont soif et sont malades. Elles méritent au moins un toit sur leurs têtes", estime Shubhash Wostey, le chef de bureau du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) à Cox Bazar, dans le sud-est du Bangladesh.
Les organisations pensent que des milliers d'autres sont toujours en chemin.
Certains arrivent blessés: ces deux derniers jours, trois personnes, dont deux enfants, ont été grièvement touchées dans l'explosion de mines côté birman.
"Les deux enfants ont marché sur une sorte d'explosif ce matin et l'un d'entre eux a perdu une jambe", a déclaré mardi à l'AFP Manzurul Hasan Khan, responsable des gardes-frontières bangladeshis.
Le Bangladesh a initialement repoussé des réfugiés vers la Birmanie mais semble avoir abandonné l'idée de bloquer leur afflux, qualifié de "grand fardeau" pour le pays par sa Première ministre Sheikh Hasina.
Les violences ont commencé par l'attaque le 25 août de dizaines de postes de police par les rebelles de l'Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), qui dit vouloir défendre la minorité rohingya.
Depuis, l'armée birmane a déclenché une vaste opération dans cette région pauvre et reculée, l'Etat Rakhine, poussant des dizaines de milliers de personnes sur les routes. Bilan selon l'armée birmane: 400 morts dont 370 "terroristes" rohingyas.
La donne a changé en octobre. Depuis, la région du nord de l'Etat Rakhine est bouclée par l'armée et aucun journaliste ne peut s'y rendre de façon indépendante. Toute la zone pâtit de cette nouvelle flambée de violences.
(Avec AFP)