Tanjazz célèbre les voix de femmes dans l’univers du jazz cette année et les femmes sur les scènes du palais Moulay Hafid ont fait rocker et swinguer.

Tina Paes tout d’abord qui ouvre avec la première performance de la soirée dès 20 heures et son répertoire classique mais aussi inspiré de la samba brésilienne ou du fado portugais. Elle surprend son auditoire par son jeune âge, 18 ans, et sa maîtrise artistique. Enfant prodige, elle a grandi dans une famille de musiciens avec laquelle elle continue de tourner sur les scènes de la planète: papa est au piano et maman l’accompagne souvent à la guitare comme ce fut le cas hier à Tanger.

A partir de 22 heures, ce sera au tour d’Izah, une jeune jazz-rockeuse et rappeuse espagnole d’origine, native de Manchester et résidente à Barcelone, un bon début de cocktail créativité, musique et surprises. Malgré un auditoire clairsemé dans le nouvel espace Bistrot des artistes sans rapport avec la qualité de la prestation, Izah séduit par sa fraîcheur et sa spontanéité et le rappeur de sa formation.

Une heure plus tard, autour de 23 heures, la soirée continuait avec cette fois-ci le concert de la tête d’affiche de l’édition 2017 de Tanjazz, Morgane Ji. Silhouette de tigresse habillée en style bohème chic avec sapes et accessoires de chez Desigual ou de chez des fripiers des puces de Casabarata, Morgane Ji donne tout de suite le tempo de la soirée: pro sur le jeu musical, libre sur le ton, vague à l’âme en prime.

Morgane Ji avec son banjo et ses quatre excellents musiciens est toute en maîtrise de son jeu et de ses textes. Les morceaux s’enchaînent, rock, jazz et toujours extrêmement rythmés.

A deux pas de là, le duo Maktoub, Noam et Teema, va démarrer.  La première, Israélienne de parents fassis et casablancais, la seconde Hollandaise de parents marocains, vont enchaîner, complices, créations et classiques en anglais, en arabe et en hébreu.

Un salam, shalom fuse dans la salle, un “encore“, aussi. Noam et Teema sont applaudies ; elles disent leur bonheur d’être là, quelques mots aussi pour déplorer la pression subie pour qu’elles annulent leur concert.  A l’extérieur du palais Moulay Hafid, des partisans du boycott d’Israël ont manifesté plus tôt dans la soirée.

Sur son site web, Noam se définit comme d’origine andalouse qui sort le mois prochain un album de chansons ladinos que lui chantait sa grand-mère qui ne parlait qu’arabe et connaissait un large répertoire dans la langue des juifs andalous.

“On communiquait en chansons car elle ne parlait pas hébreu, indique Noam Vazana. Mon prochain album est un hommage que je lui rend“. Elle en interprète un morceau avant de quitter la scène.