Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Barcelone pour protester contre les arrestations. Devant le département des Affaires étrangères, un journaliste de l'AFP a vu des manifestants encercler et taper sur un véhicule de la garde civile, et des bousculades entre policiers et manifestants.

 

"Les forces d'occupation dehors!", criaient certains manifestants à Barcelone. "Nous voterons pour être libres", lisait-on sur des pancartes.

 

Une porte-parole de la garde civile a confirmé à l'AFP "treize arrestations de hauts responsables du gouvernement de Catalogne et 22 perquisitions" dans les opérations menées par les forces de l'ordre pour empêcher la tenue du référendum le 1er octobre.

Le gouvernement "a suspendu de facto l'autonomie de la Catalogne et appliqué de facto un état d'urgence", a affirmé le président catalan Carles Puigdemont après ces arrestations, accusant le gouvernement espagnol d'être "totalitaire" et de violer les "droits fondamentaux".

"Nous avons tous l'obligation de respecter la loi", avait auparavant déclaré à Madrid le chef du gouvernement Mariano Rajoy lors d'une houleuse séance parlementaire lors de laquelle un groupe d'élus catalans a quitté l'hémycicle pour protester.

Le gouvernement catalan a notamment confirmé l'arrestation du bras droit du vice-président Oriol Junqueras, Josep Maria Jove, secrétaire général de la vice-présidence.

Les motifs de l'arrestation n'ont cependant pas été précisés par la garde civile et on ignore si elles interviennent uniquement pendant les perquisitions ou seront suivies de placements en garde à vue.

La Cour constitutionnelle avait prévenu directement par courrier les dirigeants et fonctionnaires catalans qu'ils ne pouvaient pas coopérer à l'organisation du "scrutin illégal" du 1er octobre.

Mais les indépendantistes, qui avaient adopté le 6 septembre une loi organisant le référendum qui selon eux s'imposait à toute autre loi, ont ignoré l'avertissement.

"Résistons pacifiquement. Sortons pour défendre nos institutions de manière non violente", a tweeté Jordi Sanchez, le président d'un des principaux mouvements indépendantistes issus de la société civile, l'Assemblée nationale catalane (ANC).

"Ils ont commis une grande erreur. Nous voulions voter et ils ont déclaré la guerre", a-t-il aussi écrit.

"Je demande … que l'on revienne à la normalité", a déclaré de son côté le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy dans les couloirs du Parlement.

10 millions de bulletins de vote saisis

Par aileuurs, la garde civile a saisi ce mercredi en Catalogne près de dix millions de bulletins de vote qui devaient être utilisés pour le référendum d'autodétermination, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Plus de 9,8 millions de bulletins de vote ont été saisis dans un entrepôt de la zone industrielle de Bigues, à 45 km au nord de Barcelone, a précisé le ministère dans un communiqué. La Garde civile a également saisi une quantité de matériel électoral, notamment des formulaires pour la constitution des bureaux de vote et d'autres pour enregistrer les votants. Elle est encore en train de les décompter.