Cette alliance va donner naissance à "Siemens Alstom", numéro deux mondial – en volume – pour le matériel ferroviaire roulant et au numéro un pour la signalisation. Le TGV deviendra donc franco-allemand dans un premier temps mais l'accord prévoit que Siemens pourra monter au-delà de 50,5% du capital au bout de quatre ans.

Le consortium allemand apportera ses activités ferroviaires et recevra en échange la moitié du capital d'Alstom. Le nouveau groupe sera coté à la Bourse de Paris et son siège sera basé en région parisienne, selon un communiqué commun d'Alstom et Siemens publié mardi 26 septembre soir, à l'issue des conseils d'administration et de surveillance des deux groupes.

L'actuel PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, restera à la tête du nouveau groupe, dont le conseil d'administration sera composé de 6 administrateurs désignés par Siemens, 4 administrateurs indépendants et le PDG.

L'Etat français, en revanche, n'y siégera pas. Il est actuellement actionnaire d'Alstom via des actions prêtées par Bouygues et, dans ce communiqué, "confirme mettre fin au prêt de titres (…) et n'exercera pas les options d'achat".

Bercy a indiqué que "le gouvernement français soutient ce rapprochement", et le ministre de l'Economie français, Bruno Le Maire, "se réjouit de l'intérêt de cette opération tant du point de vue industriel qu'en termes de préservation de l'emploi".

Une crainte chez les syndicats

La perte du contrôle d'un fleuron de l'industrie française suscite en effet des craintes, relayées par les syndicats. "Les garanties, c'est vite changé", a réagi auprès de l'AFP Daniel Dreger, de la CGT (deuxième syndicat chez Alstom).

Ce rapprochement est à la fois "une nécessité" pour lutter contre la concurrence chinoise mais il "inquiète" car "il y aura de la casse sociale à moyen terme", estime la CFE-CGC d'Alstom, premier syndicat du groupe.

Derrière ce rapprochement, plane l'ombre de CRRC, le géant chinois qui pousse la porte de l'Europe et "pourrait s'appuyer sur l'acquisition d'un constructeur européen", selon le secrétaire d'Etat français, Benjamin Griveaux.

Le gouvernement a cherché à rassurer. Selon Bercy, Siemens s'est engagé sur "la préservation des emplois et des sites industriels français", pendant quatre ans.

Selon une source gouvernementale, tous les accords Etat-entreprise demeurent, notamment sur Belfort.

(Avec AFP)