Dans le domaine des arts plastiques, le jeune artiste camerounais Jules Ricky Soh Fongang occupe le devant de la scène lors de cette deuxième édition. Il expose ses œuvres au club House du golf de Boubana et à la galerie de la délégation de la culture. L’artiste marocaine Najoua El Hitmi présente également ses travaux à la délégation de la culture de la rue d’Angleterre.
Outre les arts plastiques et l’artisanat ouest-africains, la musique constitue l’autre grande proposition du festival. Des résidences sont tenues depuis plus de quatre semaines à Tanger entre des musiciens gnaouas et des musiciens, chanteurs et danseurs du Sénégal, du Cameroun et du Mali notamment.
Musiciens marocains et subsahariens joueront ensemble jeudi soir à l’ouverture du Womaaf prévue au centre culturel Ahmed Boukmakh. "Une performance culturelle logique indique le mâalem Bensaïd de la troupe les "Fils de Gnaouas de Tanger", car nous sommes le lien entre le Maroc et l’Afrique, au sud du Sahara". "Au vu de la présence africaine ans notre ville, nous devons veiller à assurer une bonne intégration culturelle et sociale des jeunes Subsahariens qui choisissent de vivre parmi nous", a expliqué le musicien.
Qualifiée d’"étoffée et variée" par l’organisatrice de l’événement Elise Dintchen-Coucke, l’édition 2017 du festival propose la Sénégalaise Maréma Fall en concert ce jeudi soir. Chanteuse et guitariste, l’artiste a notamment un prix RFI à son actif et des tournées en Afrique de l’ouest et en Europe. L’occasion pour le public marocain de découvrir un peu plus la musique du sud.
Jeudi soir, le groupe maroco-comorien "Africa United" et la compagnie congolaise "Mfumu Bimangu" seront également sur scène.
Quarante artistes africains font le déplacement à Tanger
La musique continuera d’occuper le devant de la scène au centre culturel Boukmakh avec des concerts vendredi et samedi soirs avec en vedette la Marocaine Saïda Fikri, le Sénégalais Cheick Tidiane Seck et les Guadeloupéens de Zouk Machine.
Des conférences sur la coopération culturelle sud-sud, le rôle des élus locaux et des associations dans la vie culturelle et sur la valeur utilitaire et artistique de l’artisanat sont également programmées vendredi et samedi matin à la Villa de France. Gastronomie et ateliers de tresses et de danse sont également programmés.
Pays invité d’honneur de cette édition le Sénégal, sera représenté par de nombreux artistes mais également des institutionnels dont une délégation de femmes d’affaires et des élus dont le maire de la cité atlantique de Port Saint-Louis.
Interrogée sur les conditions d’organisation de ce festival panafricain et sur son budget, les organisateurs n’ont pas souhaité donner de chiffres, rappelant les soutiens dont ils bénéficient de la part d’entreprises privées, d’institutions publiques et d’organismes professionnels. Quarante artistes et politiques ouest-africains font ce week-end le déplacement à Tanger pour l’édition 2017 du Womaaf.
La capitale burkinabè, Ouagadougou, abritera l'édition 2018 du festival. "Lorsqu’un pays est invité d’honneur comme ce fut le cas pour le Burkina en 2016, indique Elise Dintchen-Coucke, il s’engage deux ans plus tard à organiser une édition du Womaaf sur son territoire sans que cela n’affecte la tenue de l’événement chaque année à Tanger".
Au-delà des annonces économiques et politiques régulières sur les relations Maroc-Afrique, le Womaaf constitue l’une des rares initiatives actuelles visant à mieux faire connaître la musique, les arts et la culture des uns aux autres. Ce n’est pas là, l’un de ses moindres mérites.