C’est ce 16 octobre dans les bureaux du maire de Tanger Bachir Abdellaoui que s’est tenue la cérémonie officielle de signature de l’acte de legs des meubles du bureau d’Ahmed Boukmakh et des livres de sa bibliothèque à la ville de Tanger.

Menée par Nazik Boukmakh pour la famille légataire, l’opération a pris près de deux ans pour être bouclée. Pour cela, Nazik Boukmakh s’est entourée des conseils de la notaire Zineb Hsissen pour réaliser l’inventaire et les photographies du legs.

Plus de 1.200 pièces au total ont été inventoriées. Elles concernent les meubles du bureau de l’auteur de la série de manuels Iqrae, ses livres, ses tableaux, divers objets de décoration et bibelots et des photos personnelles et professionnelles.  

Les archives et le bureau d’Ahmed Boukmakh (1928-1993) seront disposés au centre culturel du même nom inauguré il y a exactement un an en octobre 2016 à Tanger. Ils seront accessibles au public. Une salle de consultation sera mise à la disposition des chercheurs et des étudiants.

Lors de la cérémonie de signature de l’acte de transmission notarié, le maire Bachir Abdellaoui a indiqué que “cette opération a été approuvée à l’unanimité du conseil communal de Tanger“. Nazik Boukmakh a pour sa part exprimé “[sa] fierté de remettre ce patrimoine familial à la ville de naissance de son père. Je voudrais que cette bibliothèque soit un lieu qui réunisse nos concitoyens“, a-t-elle ajouté.

Bachir Abdellaoui a insisté sur le caractère novateur de cette initiative: “elle servira à montrer aux jeunes et aux moins jeunes un des aspects de la vie intellectuelle d’Ahmed Boukmakh“. Outre son travail sur les manuels scolaires, Boukmakh a veillé à l’édition de nombreux ouvrages et à l’élaboration d’un dictionnaire de la langue arabe.

Haj Ahmed Loukili à l’honneur également

Médias24 a pu apprendre que la ville de Tanger s’apprêtait à réaliser une opération similaire de sauvegarde et de valorisation de la mémoire culturelle locale et nationale. Le maire Bachir Abdellaoui a indiqué qu’un centre Haj Ahmed Loukili sera achevé avant l’été 2018 non loin du centre culturel Boukmakh.

Les archives Loukili seront adossées à un centre de la musique et des arts qui portera le nom du maître de la musique andalouse. “Les pourparlers sont avancées avec la famille Loukili“, a indiqué le maire qui a “salué la décision du conseil régional d’avoir débloqué un montant de 9 MDH pour le projet“.

Le maire n’a pas caché son souhait de voir d’autres familles de la ville et de la région suivre l’exemple des Boukmakh et des Loukili “pour sauvegarder et valoriser le legs culturel et intellectuel des grands hommes; j’espère que cela créera une émulation“, a-t-il insisté.