À quelques semaines de la fin d’année, le marché obligataire marocain devrait connaître un mouvement inhabituel au point de faire augmenter légèrement les taux. Si l’histoire se répète, nous aurons, pour cet exercice encore, un nombre important d’émissions obligataires.
"Durant les dernières années, la remarque principale, c’était qu’une grande partie des émissions privées ont été faites pendant les dernières semaines de l’année", nous explique un connaisseur du marché obligataire national. Généralement, ces levées servent à enjoliver le bilan, avec des fonds propres plus solides à quelques jours de la clôture des comptes.
Des levées et une hausse
"Au moment des analyses financières post publications des résultats annuels, les investisseurs sont attirés par les entreprises qui ont une solide assise financière. Ça montre que l’entreprise peut continuer à investir et à générer des bons résultats", ajoute notre analyste.
Cette situation va générer automatiquement une offre plus abondante que la demande, mais qui ne sera que momentanée. "La ponctualité de l’offre accompagnée du déséquilibre créé sur le marché font que les taux pourraient légèrement augmenter", déduit notre interlocuteur.
Cela dit, cette hausse ne devrait pas être trop importante vu que le marché connaît un excès de liquidité depuis plusieurs mois. Le contexte général aussi ne plaide pas pour une hausse fulgurante des taux. "Si hausse il y a, elle sera corrigée en début d’année prochaine", rassure notre interlocuteur.
Il faut dire que les taux obligataires sont au plus bas depuis la fin de l’année dernière. Une situation qui s’explique par plusieurs raisons. D’une part, c’est une conséquence directe de l’amélioration des liquidités chez les investisseurs.
Des taux bas, mais c'est rassurant
"Même les primes de risque ont baissé depuis quelques mois. Cette situation illustre parfaitement le grand appétit des investisseurs. La demande dans le marché obligataire a explosé depuis la fin de l’année dernière", précise-t-il. Selon les informations du marché, quelques émissions ont été souscrites plus de 30 fois. C’est astronomique pour un marché comme le nôtre.
D’un autre côté, le Trésor intervient de mois en moins sur le marché vu que le déficit budgétaire baisse depuis quelques années. "Ce vide laissé par les bons du Trésor a fait que les investisseurs se sont rués sur les obligations de bonne qualité, notamment celles des banques et des grandes structures réputées pour leur solidité financière", ajoute ce connaisseur du marché des taux. Notre interlocuteur nous explique aussi qu’il ne faudrait pas non plus oublier les dernières interventions de la Banque Centrale, avec les baisses du taux directeur.
Malgré la baisse des taux qu’il a connue dernièrement, il continue à collecter du cash et à intéresser les investisseurs. Les compagnies d’assurances, par exemple, ne peuvent pas faire confiance seulement au marché actions, c’est trop risqué pour elles, selon notre spécialiste.
Sur les 398,3 milliards de dirhams gérés par l’ensemble des OPCVM marocains, moins de 15% sont des portefeuilles actions ou diversifiés et le reste est, effectivement, placé dans le marché obligataire.