Artiste multicartes, Mehdi était l'une des personnalités les plus influentes du milieu de la musique au Maroc. Passionné d'art urbain et de tout ce qui peut ouvrir l’esprit à la jeunesse, il avait créé le premier festival marocain de street-art qui avait consisté à faire recouvrir de fresques et de graffitis les murs blancs de la ville d’Azemmour par des artistes marocains et étrangers.
En dehors de cette grande première culturelle, il s’était surtout fait connaître à Casablanca dans le monde de la musique électronique au début des années 2000 avant que sa notoriété s'étende au Maroc puis à l’international.
Celui qui devait fêter ses 39 ans sous peu, était atteint d’un diabète aigu qui avait contraint les médecins à l’amputer de ses membres inférieurs mais cela ne l'avait pas découragé de continuer à mixer et animer en chaise roulante des soirées musicales avec un sourire radieux et contagieux.
Même s’il est de bon ton d’encenser les morts, précisons que celui que ses amis surnommaient "Dam" était connu pour son empathie à toute épreuve et surtout pour sa grande culture musicale (funk, soul, hip hop, afrobeat …) que peu de DJ marocains peuvent se targuer d'avoir.
"C’est lui qui a lancé la house music au Maroc au début de ce millénaire car il a créé et géré les plus grandes boîtes de nuit de la capitale économique (Choc’late, Voodoo, Boom boom room, Kube…).
"Mehdi peut s’enorgueillir d’avoir ramené au Maroc les premiers DJs de house dont une bonne partie sont des légendes (Louie Vega, Quentin Harris …). Ce rôle de précurseur lui a permis d’inspirer toute la vague actuelle de producteurs locaux qui montent en puissance et s’exportent à l’international.
"Ce qui est fou, c’est que tout le monde savait qu’il était malade mais il ne le montrait pas, ne s’énervait jamais et avait toujours un sourire pour tout le monde. Il prenait sa maladie avec beaucoup de philosophie et on peut dire sans exagérer qu’il était un véritable exemple pour nous tous qui essayons humblement de suivre ses traces.
"Avec son courage et son humilité, il forçait le respect et tout le monde lui est reconnaissant d’avoir tant donné de sa personne car sans lui, la scène électronique ne serait jamais là où elle en est actuellement au Maroc.
"C’est une très grande perte pour le monde de la culture car Mehdi jouissait d’un amour et d’un respect incroyables et même si la mort fait taire momentanément les mauvaises langues, personne ne pourra jamais dire du mal de ce véritable personnage du milieu musical marocain et international", nous déclare très ému, le célèbre DJ-producteur Amine Akesbi, alias Amine K, qui veut ainsi rendre hommage à cet aîné qui a inspiré sa carrière de promoteur d’événements musicaux.
Hormis les très nombreux témoignages de compassion de ses amis et admirateurs marocains qui circulent sur la toile, il faut croire que son empreinte a dépassé les frontières car plusieurs DJ considérés comme des légendes internationales de la musique house ont également posté des hommages faisant part de leur grande émotion après son départ précoce.
C'est le cas de Louie Vega, producteur newyorkais de musique house, considéré comme une des plus grandes stars mondiales de ce répertoire musical qui a fait part de sa tristesse après le départ de son "frère Mehdi".

Selon nos informations, Mehdi Damir a été inhumé à Casablanca et un cortège composé d’une très nombreuse foule dont sa famille et ses amis l’a accompagné à sa dernière demeure.
Médias24 s’associe à la douleur de tous ses proches et tient à leur présenter ses plus sincères condoléances.