Après le profit Warning du mois d’aout dernier et les résultats en berne du premier semestre, les chiffres à fin septembre publiés ce 28 novembre par le CIH ne s’arrangent pas. Le résultat net part du groupe recule, comme attendu, de 21,5% pour n’afficher que 236,6 millions de dirhams contre 301 millions de dirhams, une année auparavant.
"Il est important de rappeler que les fondamentaux de la banque restent assez solides et ne présentent aucune grande inquiétude. La chute du RNPG était prévisible après le contrôle fiscal, mais aussi avec les récents investissements dans la banque participative", explique un analyste qui suit les valeurs bancaires en particulier.
Effectivement, cette baisse du RNPG s’explique, d’une part, par le contrôle fiscal dont a fait l’objet le groupe CIH sur les exercices 2013-2015, et d'autre part, par l'absorption des pertes générées par la nouvelle filiale participative, Umnia Bank. Cette dernière a clôturé la première partie de l’année avec un déficit de 23 millions de dirhams. Un montant que le CIH a dû supporter et éponger pour permettre à la banque de fonctionner dans de meilleures conditions.
Nous n’avons pas pu connaître le niveau du déficit d'Umnia Bank à fin septembre pour voir l’impact sur le RNPG du groupe CIH. "Sur le troisième trimestre, la banque participative a certainement alourdi ses pertes. Nous devons attendre la fin de l’année pour avoir une meilleure vue", estime notre interlocuteur.
Par ailleurs, le produit net bancaire (PNB) s’est amélioré de 8% et s’est établi à 1,48 milliard de dirhams, contre 1,37 milliard de dirhams une année auparavant. Une belle progression due au bon comportement des composants du PNB. La marge d’intérêt du CIH a progressé, elle aussi, de 3,7% pour afficher 1,14 milliard de dirhams. Les commissions, elles, ont avancé de presque 11% comparativement au niveau enregistré il y a 12 mois, pour afficher 208,5 millions de dirhams.
"Ces chiffres prouvent que la politique commerciale mise en place par Ahmed Rahhou est efficace et elle donne satisfaction. La banque s'est beaucoup diversifiée et a réussi à attirer une nouvelle gamme de clients qui vont grandir avec elle", affirme notre analyste.
Par ailleurs, les charges générales d’exploitation deviennent pour le groupe de plus en plus lourdes et devraient dépasser le milliard d’ici la fin de l’année. Pour les 9 premiers mois derniers, la hausse est alarmante. Elle dépasse 41% pour afficher 912 millions de dirhams.
"Cette hausse était attendue aussi, car pour la nouvelle filiale, le CIH a dû investir lourdement, ce qui a entrainé plusieurs charges. C’est un point qui a aussi impacté le RNPG. Sans cela sa situation serait dans une meilleure posture", indique notre analyste.
Dans la suite logique, le résultat brut d’exploitation recule lui aussi de façon importante, 21% de baisse, pour s’établir à presque 500 millions de dirhams. En parallèle à cela, et contrairement à ce que nous a habitué la banque présidée par Ahmed Rahhou, le coût du risque ne s’améliore pas beaucoup en 3 trimestres.
Il atteint 185,3 millions de dirhams, contre 189,9 millions de dirhams à fin septembre de l’année écoulée. C’est un niveau relativement important vu la taille de la banque. Le président du groupe avait déclaré auparavant que, la banque a encore des reprises à récupérer au cours de l’année, surtout au niveau du secteur de l’immobilier, qui se trouve dans une posture difficile. "Nous ne voulons surtout pas brader les actifs de la banque, et quand le marché n’est pas porteur, on s’abstient de récupérer ou on diffère", explique-t-il lors d'une conférence.
Conséquence directe, de l’ensemble de ces éléments, la chute du résultat d’exploitation de 30% pour n’afficher que 313 millions de dirhams. "Il est possible que d’ici la fin de l’année, l’impact du contrôle fiscal soit absorbé mais il n'est pas certain que l’investissement dans Umnia Bank cesse de générer des frais et des charges qui grèvent les finances du groupe", conclut notre expert.