Saisissant l'occasion de la conférence de presse suivant le conseil de Bank Al Maghrib, qui s'est tenu ce 19 décembre, Abdellatif Jouahri s'est exprimé sur le Bitcoin.

"Selon la théorie économique, le Bitcoin n'est pas une monnaie. Une monnaie répond à trois fonctions: il faut qu'elle soit un moyen de paiement, qu'elle ait une réserve de valeur et qu'elle soit un instrument d'épargne."

"Le Bitcoin est davantage un actif financier qu'une monnaie. Mais c'est un instrument hautement spéculatif, il n'y a aucune justification pour sa volatilité inexpliquée".

Jouahri a ajouté que pour toutes ces raisons, il n'est "absolument pas question que le Bitcoin soit une monnaie, ni de le reconnaître en tant que monnaie". Il a indiqué que même en étant un actif, il peut concourir à des objectifs condamnables, comme le financement du terrorisme.

Le Wali de Bank Al Maghrib affirme toutefois que son institution ne dispose pas de base juridque pour l'interdire: "Interdire le Bitcoin, c'est interdire un actif. Et nous n'avons pas de base au niveau de nos statuts qui nous donnent le pouvoir de dire si c'est une monnaie qu'il faudra interdire, même si le Bitcoin est communément appelé cryptomonnaie".

Abdellatif Jouahri indique que sur le plan des changes, l'Office des changes a trouvé l'appui pour interdire le Bitcoin: "L'Office a clairement indiqué qu'il ne reconnaît en monnaie extérieure que celles qui sont cotées par Bank Al Maghrib. Dans ce cas-là, il y a bien une interdiction".