L'avocat du président américain, Charles J. Harder, a tenté jeudi 4 janvier de faire interdire la publication du livre dressant le sombre tableau d'une Maison Blanche dysfonctionnelle sur fond d'intrigues autour d'un Donald Trump raillé par ses propres collaborateurs pour son incompétence et son incapacité à diriger. Cette riposte judiciaire a été lancée au lendemain de la très vive réaction de M. Trump, qui a accusé son ex-conseiller Steve Bannon (qui avait mis en cause son fils) d'avoir "perdu la raison".
Dans une démarche avant tout symbolique, il a adressé un courrier à son auteur Michael Wolff et à Steve Rubin, président de la maison d'édition Henry Holt and Co., leur demandant de "cesser immédiatement" sa distribution, évoquant, entre autres, la diffamation.
Mais la réponse de l'éditeur, probablement ravi de ce puissant coup de projecteur, n'a pas tardée. Il a avancé la sortie du livre de quatre jours: initialement prévue mardi, elle aura finalement lieu vendredi 5 janvier.
"Et voilà. Vous pouvez l'acheter (et le lire) demain. Merci, monsieur le président", a lancé Michael Wolff dans un tweet.
L'éditorialiste multicarte (Hollywood Reporter, Vanity Fair, New York Magazine…), âgé de 64 ans, avait expliqué avoir gravité pendant 18 mois autour de la galaxie Trump, de la campagne présidentielle à la Maison Blanche, et interrogé "plus de 200" personnes, du président à ses proches collaborateurs.
"Risible!"
Le livre raconte en particulier combien le candidat républicain et son équipe rapprochée ont été surpris par la victoire, tant ils étaient convaincus qu'elle était hors de portée. "Risible!", a répondu sa porte-parole.
Le livre de Michael Wolff ("Fire and Fury: Inside the Trump White House") relate aussi une première année au pouvoir de Donald Trump marquée par une forme de "chaos" permanent.
Il décrit un président fréquemment reclus dans sa chambre dès 18H30 avec un cheeseburger, les yeux rivés sur ses trois écrans de télévisions, multipliant les appels à un petit groupe d'amis sur lesquels il déverse "un flot de récriminations", allant de la malhonnêteté des médias au manque de loyauté des membres de son équipe.
Volonté d'envoyer un signal fort à ceux qui, au sein de l'équipe Trump, seraient tentés de raconter aux journalistes les coulisses de la présidence? La porte-parole de la Maison Blanche a annoncé jeudi que toute personne travaillant à la Maison Blanche ne pourrait désormais plus utiliser son téléphone portable personnel dans la West Wing, centre névralgique de l'exécutif américain.
Sarah Sanders a mis en avant "la sécurité et la protection des systèmes technologiques à la Maison Blanche" pour justifier cette décision, assurant qu'elle était à l'étude depuis plus de six mois.
(Avec AFP)
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