"C’est une erreur du gouvernement que de soumettre cette loi au Parlement avant même de recueillir les propositions des syndicats", fustige Abdelkader Zaïr, SG adjoint de la CDT.

Aux yeux du syndicaliste, la mouture actuelle du texte de loi est très favorable au patronat, au détriment des salariés. "Sous sa forme actuelle, la loi organique tend davantage à museler les libertés syndicales".

Si le droit à la grève est garanti par la Constitution, son application dépend des dispositions de la loi organique, en dehors desquelles tout appel à la grève est considéré comme illégal.

L’employeur, ainsi que les bureaux syndicaux n’ont pas le droit d’interdire une grève ou de tenter de dissuader les salariés. De même, l’employeur ne peut recourir à des employés n’ayant aucune relation avec l’entreprise.

Toutefois, au titre des principaux griefs suscitant l’ire des syndicalistes, figure notamment la possibilité de remplacer les salariés grévistes afin d’assurer une continuité de service, spécialement dans des secteurs jugés vitaux – principalement le transport, l’assainissement, l’eau et l’électricité.

"C’est une instrumentalisation des travailleurs par l’Etat, qui oblige les grévistes à travailler", reproche Abdelkader Zaïr de la CDT. Préparant leur "contre-attaque", la centrale syndicale a constitué une commission qui livrera ses recommandations sous un délai de deux semaines.

Après des années de blocage, le projet de loi organique encadrant le droit de grève ne semble pas pour autant suivre la voie d’une adoption rapide. "Nous sommes ouverts au dialogue, mais cette loi ne passera qu’à condition de trouver un consensus", avertit le SG adjoint de la CDT.

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