"L'ensemble du plan Intelligence Artificielle représentera sur le quinquennat un effort spécifique et inédit de près de 1,5 milliard d'euros de crédits publics", devait déclarer le président de la République dans un discours prononcé lors d'un colloque au Collège de France à Paris.

"Regardez qui dirige l'intelligence artificielle dans les grands groupes mondiaux: les Français. Nous avons les talents, nous avons tout pour relever le défi de l'IA", a tweeté le président avant son discours.

Des Français occupent des places importantes dans les géants du secteur, comme Facebook, Google, Samsung, Deepmind…

Dans son discours, Emmanuel Macron insiste sur la volonté de la France "de constituer un hub de recherche au meilleur niveau mondial en IA grâce à la mise en place d’un programme national".

Plusieurs géants internationaux ont annoncé mercredi 28 mars soir l'implantation en France de grands centres de recherche en IA, comme le Sud-Coréen Samsung qui va installer à Paris son troisième centre le plus important au monde.

Sur le 1,5 milliard du plan IA, près de 400 millions d'euros seront dévolus à des "appels à projet et de défis d’innovation de rupture".

L'IA sera le premier champ d’application du Fonds pour l’innovation et l’industrie de 10 milliards d'euros mis en place en début d’année, devait préciser M. Macron. Le plan IA sera aussi financé par le Fonds de transformation de l'action publique et par redéploiement budgétaire.

Le plan IA s'inspire du rapport commandé en septembre au mathématicien et député (LREM) Cédric Villani, qui a piloté plus de 300 auditions auprès d'experts du monde entier.

Ce dernier a dit espérer que le plan IA entraîne "le réveil de la France et de l'Europe" dans ce domaine. "La France ne pourra tenir son rang sans le soutien de l'Europe", a-t-il ajouté.

Les principales annonces des entreprises

> Un grand centre de recherche Samsung

Le conglomérat sud-coréen Samsung a annoncé faire de Paris, ou du plateau de Saclay au sud-ouest de la capitale, son troisième plus important centre de rherche consacré à l'IA au monde, après la Corée du Sud et les Etats-Unis, avec un objectif d'une cinquantaine de chercheurs d'ici à la fin 2018 et plus d'une centaine à terme. Le centre sera dirigé par Luc Julia, l'inventeur de l'assistant vocal d'Apple, Siri, et depuis passé chez le concurrent sud-coréen. Jusqu'ici, le groupe sud-coréen ne disposait en France que d'un petit centre de recherche d'une quinzaine de personnes.

> Un autre pour Fujitsu

Le groupe japonais Fujitsu a lui aussi décidé d'implanter en France son centre européen de recherche en IA, en agrandissant son petit centre actuel et en relocalisant dans l'Hexagone ses chercheurs installés ailleurs en Europe, a indiqué l'Elysée. Il travaillera en partenariat avec le centre de l'Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) de Saclay. Le groupe n'a cependant pas précisé le nombre de chercheurs concernés.

> Microsoft parie sur la formation

Microsoft a annoncé vouloir investir 30 millions de dollars sur trois ans en France, dans la formation d'une part, via l'école IA Microsoft, ouverte début mars, et ses partenariats avec l'école Simplon, avec un objectif de 400.000 personnes sensibilisées ou formées dans les trois prochaines années en France. Côté entreprise, le groupe américain annonce la création d'un collectif d'entreprises afin d'aborder les "enjeux éthiques et sociétaux de l'IA" et de soutenir "des projets innovants" dans divers domaines tels que la santé, le transport, l'environnement ou encore l'accessibilité.

> Google s'associe aux grandes écoles

Google de son côté a annoncé s'être associé à l'Ecole polytechnique pour la création d'une "chaire internationale d'enseignement et de recherche" consacrée à l'intelligence artificielle et à l'informatique visuelle, qui concerne la simulation de modèles informatiques complexes via la modélisation en trois dimensions. Les enseignements, qui débuteront à la rentrée prochaine, seront proposés à l'Ecole polytechnique en association avec l'Inria, l'ENSTA ParisTech et Télécom ParisTech. Le groupe américain ouvrira également des postes de recherches pour des doctorants faisant le choix de l'alternance via le dispositif Cifre.

> DeepMind s'installe en France

Egalement filiale d'Alphabet, l'entreprise britannique DeepMind, connue pour avoir développé le programme d'IA AlphaGo qui a battu le champion du monde de jeu de go en mai dernier, a annoncé l'ouverture d'un laboratoire parisien, premier en Europe continentale, sans préciser cependant le nombre de chercheurs qui l'intégreront. Le laboratoire compte travailler avec les organismes publics de recherches, le CNRS, les grandes écoles et l'Inria.