Me Tabih est avocat de l'Etat marocain "non pas parce que l'Etat a des conflits avec ses citoyens, mais parce que la nouvelle organisation du pouvoir judiciaire l'impose indirectement". Le Maroc a instauré l'indépendance du parquet. Ce dernier défend la loi et pas l'Etat. L'Etat est partie prenante dans ce dossier "pour défendre ses fonctionnaires (de police) qui ont subi des violences". C'est dans ce cadre que l'Etat a choisi d'être représenté par un avocat. L'avocat dit qu'il ne représente pas l'Etat constitutionnel mais qu'il est partie civile pour défendre les fonctionnaires membres des forces de l'ordre.

L'interrogatoire de Zefzafi a occupé les deux dernières audiences, lundi et mardi 9 et 10 avril. Sans pour autant entrer dans le fond du dossier.

Le président Ali Torchi a son style. "Avant d'entamer l'interrogatoire d'un accusé, il le laisse s'exprimer comme bon lui semble et autant qu'il veut", estime Me Tabih.

Pour lui, "le procès se tient selon les standards internationaux d'un procès équitable". "Le président n'intervient que lorsque l'accusé a dit ce qu'il a à dire et aussi longtemps qu'il le souhaite". Mardi, la première question du juge n'a été posée qu'au bout de 90 mn pendant lesquelles Zefzafi a dit ce qu'il avait à dire, "et qui n'avait souvent aucun lien avec le dossier".

L'avocat de l'Etat prévoit que l'interrogatoire de Zefzafi n'entrera dans le fond du dossier qu'à compter de lundi prochain ou du lendemain. Là, viendront les questions du président, du parquet et de la partie civile qu'il représente.

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