Le 15 janvier dernier, le Maroc a entamé le processus de flexibilisation du dirham. La bande de fluctuation est passée à 5%, c’est-à-dire 2,5% dans chaque sens, au lieu de 0,6%, soit ±0,3% de chaque côté du cours central déterminé à son tour par le panier constitué de l’euro (60%) et du dollar (40%).

Six mois après, quel est le bilan de cet élargissement de la bande de fluctuation ? Comment le dirham a-t-il évolué durant cette période ?

Sollicité par Le Boursier, un responsable desk change au sein d’une grande banque de la place, souhaitant rester anonyme, nous a annoncé qu’aucun changement majeur n’a été constaté et que le dirham évolue toujours à l'intérieur de l’ancienne fourchette, traduisant ainsi l’absence de chocs externes durant cette période.

Pour rappel, dans un contexte international qualifié d’incertain, cette réforme a pour objectif d’absorber tout choc externe à travers le paramètre "prix" et non pas en puisant dans les réserves de change.

Notons qu’au 8 juin, les Réserves internationales nettes (RIN) s’élèvent à 228,2 MMDH, en hausse de 2,2% en glissement annuel.

Selon lui, le marché est assez liquide en termes de devises. Autrement dit, le contexte demeure inchangé par rapport à la période avant l’adoption de la réforme du régime de change. De plus, BAM n'intervient presque plus pour alimenter le opérateurs en devises. Le marché s'auto-régule.

Engouement pour les couvertures optionnelles

Cela dit, un engouement particulier a été noté pour les couvertures optionnelles, contrairement aux couvertures classiques (contrats à terme), selon notre interlocuteur. «Un engouement lié plus aux conditions du marché à l'international qu’au nouveau régime», souligne-t-il.

En effet, la volatilité de la parité EUR/USD a poussé les acteurs du marché à vouloir figer les cours tout en gardant la possibilité d'en tirer profit, notamment à travers la mise en place de ces couvertures optionnelles.

Pour rappel, contrairement aux couvertures classiques, les options permettent de se protéger contre les variations négatives tout en gardant la possibilité de profiter des variations bénéfiques du cours d'une monnaie (en optant pour le cours du marché et non pour le cours de l'option).

«Cet engouement pour les options montre que le marché se prépare bien aux prochaines étapes du processus de la flexibilisation du Dirham», commente le professionnel.

Aussi, notre interlocuteur précise que les couvertures mises en place actuellement par les opérateurs sont d’une durée plus courte qu’auparavant. Ces derniers optent pour des couvertures allant de 1 à 3 mois maximum.

Ceci est expliqué par la complication de la réglementation des changes puisque les acteurs du marché ont l’obligation de justifier leurs opérations en fournissant des engagements au préalable et non pas au dénouement de l’opération.

Les PME demandent des simulations pour les couvertures de change

Par ailleurs, interrogé sur l’incertitude des opérateurs par rapport à ce nouveau régime, notre interlocuteur assure qu’il n’y a plus de craintes et que les clients se posent maintenant des questions sur la prochaine étape du processus.

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Il ajoute : «ce qui est nouveau est la prise de conscience des petites et moyennes entreprises qui commencent à anticiper les changements du marché […] ils demandent des simulations pour des couvertures de change».

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