"Les taxes à l'importation de certains produits ont été augmentées réciproquement aux attaques délibérées de l'administration américaine sur notre économie", a tweeté le vice-président Fuat Oktay.
Cette augmentation des taxes à l'importation a été annoncée par un décret signé par le président Recep Tayyip Erdogan et publié au Journal officiel.
Une large gamme de produits sont concernés, comme les véhicules de tourisme, dont les tarifs douaniers s'élèvent désormais à 120%, certaines boissons alcoolisées (140%), le tabac (60%) ou encore le riz et certains produits cosmétiques.
D'après l'agence de presse étatique turque Anadolu, ces nouveaux taux représentent un doublement des tarifs qui existaient jusqu'ici.
Cette décision survient au moment où les relations entre Ankara et Washington sont au plus bas, du fait notamment de la détention en Turquie pendant un an et demi d'un pasteur américain, désormais assigné à résidence.
Dans le cadre de mesures de rétorsion allant crescendo, le président américain Donald Trump avait annoncé vendredi le doublement les tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium turcs.
Cette mesure a accéléré la chute de la devise turque qui a perdu le même jour 16% face au billet vert.
La livre turque semblait reprendre quelques couleurs en début de semaine, s'échangeant à 6,33 contre le billet vert mercredi matin.
L'augmentation des tarifs douaniers sur les produits américains survient également au lendemain de l'annonce par M. Erdogan quela Turquie boycotterait les appareils électroniques américains.
"S'ils ont des iPhones, il y a des Samsung de l'autre côté", a-t-il déclaré.
"Tout est moins cher": la crise turque, une aubaine pour les touristes
Nassir Elnabir, un adolescent saoudien venu passer quelques jours à Istanbul avec sa famille, arbore un large sourire en sortant d'une boutique de luxe. "Tout devient de moins en moins cher", s'esclaffe-t-il. "Ce qui valait 1.000 dollars hier me coûte 600 dollars aujourd'hui".
Si elle est synonyme de chute de pouvoir d'achat pour les Turcs, la débâcle ces derniers jours de la livre turque, qui a perdu plus de 40% de sa valeur depuis le début de l'année, s'est transformée en aubaine pour les touristes aux poches remplies de devises étrangères.
Depuis vendredi, jour où la monnaie turque s'est effondrée de 16%, des touristes principalement venus d'Asie et des pays du Golfe forment de longues files d'attente devant les boutiques de luxe comme Louis Vuitton ou Chanel dans les quartiers huppés d'Istanbul.
Leur objectif: faire de bonnes affaires avant l'ajustement des prix en fonction de la chute de la livre.
"C'est comme s'il y avait eu des soldes de 30%", se réjouit Nassir. "Personnellement, j'ai été affecté de manière très positive".
Xenos Lemis, un touriste venu de Chypre, suit la débâcle de la livre turque en temps réel depuis plusieurs jours.
"On regarde le taux de la livre toutes les deux heures. A chaque fois, ça change beaucoup. Pour un touriste qui fait des achats, c'est du pain bénit", dit-il.
D'autres visiteurs se lamentent d'avoir changé leurs devises étrangères trop tôt, avant l'écroulement de la livre en fin de semaine dernière.
"Je suis très surpris parce que j'ai retiré une somme importante en livre turque à la banque et quand je me suis réveillé, le lendemain matin, j'ai découvert que j'avais perdu (au change)", soupire Kobe Wu Kejia, un touriste chinois. "C'est vraiment effrayant", dit-il.
(Avec AFP)