Bayer va débuter jeudi 16 août l'intégration de Monsanto, mastodonte américain des pesticides et OGM acquis au prix fort, au moment même où les ennuis judiciaires de sa filiale sèment le doute sur la pertinence de l'opération.
"L'intégration de Monsanto dans le groupe Bayer peut commencer", a indiqué le groupe allemand, sans susciter la moindre euphorie boursière: le titre Bayer a terminé en baisse de 4,63% à 77,05 euros jeudi, soit 17,5% de pertes depuis le début de la semaine.
Le géant allemand de la chimie BASF a levé jeudi le dernier obstacle aux épousailles entre Bayer et Monsanto en bouclant le rachat d'environ 7,6 milliards d'euros d'activités agrochimiques de son compatriote comme l'avaient exigé les autorités de la concurrence.
Pour avaler le groupe américain, et parier sur le rôle croissant de la chimie pour nourrir la planète, Bayer a donc dû débourser 63 milliards de dollars (54 milliards d'euros), tout en se délestant de ses semences de coton, colza, soja et légumes, de désherbants et d'insecticides.
Bayer, l'inventeur de l'aspirine, "a tiré un bon prix de ces activités, pas d'inquiétude là-dessus", commente auprès de l'AFP Alistair Campbell, analyste de la banque Berenberg.
Les doutes des investisseurs portent plutôt sur la pertinence globale du rachat de Monsanto, groupe à la réputation sulfureuse exposé aux changements de législation, et cible d'une cascade de procédures judiciaires.
Monsanto a ainsi été condamné vendredi dernier par un tribunal californien à verser 289 millions de dollars d'indemnités à un jardinier atteint d'un cancer incurable, pour ne pas l'avoir suffisamment informé de la dangerosité de son herbicide au glyphosate, le RoundUp.
(Avec AFP)