Les bourses asiatiques ont plongé jeudi 11 octobre et les places européennes ont ouvert en net recul, emboîtant le pas à Wall Street qui a connu un mercredi noir. Le relèvement des taux d'intérêt américains et les critiques du président Donald Trump contre cette politique ont semé la panique.

La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 3,89%, et celle de Shanghai a plongé de plus de 5%. Les bourses chinoises avaient ouvert jeudi matin sur un recul marqué, de plus de 3%. La Bourse de Hong Kong était également en forte baisse de près de 4% à moins d'une heure de la clôture.

Le recul a gagné l'Europe jeudi matin: Paris a ouvert à – 1,50%, Londres – 1,35% et Francfort – 1,31%.

Les marchés sont "menacés", analyse Stephen Innes, responsable des échanges Asie-Pacifique chez OANDA, pour qui "les paris sont ouverts" sur la suite du scenario.

"C'est un cumul de raisons: la chute à Wall Street, le bond des taux d'intérêt à long terme, des inquiétudes renouvelées sur les relations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis et une attitude prudente en amont des annonces de résultats d'entreprises", a expliqué à l'agence Bloomberg Juichi Wako, de Nomura Securities à Tokyo.

Le président Donald Trump a affirmé mercredi, après une journée noire à Wall Street, que "la Fed était tombée sur la tête", dans une nouvelle critique vis-à-vis de la Banque centrale américaine, engagée dans une politique de relèvement des taux.

"En fait c'est la correction que nous attendions depuis longtemps", a poursuivi le président, qui s'exprimait à Erie en Pennsylvanie (nord-est) peu avant la tenue d'un meeting. "Mais je ne suis vraiment pas d'accord avec ce que la Fed est en train de faire", a encore lancé M. Trump.

La directrice du FMI, Christine Lagarde, a justifié jeudi ces hausses de taux au vu du contexte économique actuel.

De tels relèvements "sont un développement nécessaire" et "inévitable" pour les économies comme les Etats-Unis enregistrant une croissance robuste, une inflation accrue et un chômage "extrêmement bas", a-t-elle insisté lors d'une conférence dans l'île indonésienne de Bali.

Pour éviter la surchauffe d'une économie en pleine forme et une éventuelle résurgence de l'inflation, la Banque centrale américaine a relevé les taux d'un quart de point de pourcentage par trois fois cette année. Elle compte le faire encore en décembre.

(Avec AFP)