M. Erdogan s'est exprimé ce mardi devant le Parlement à Ankara, trois semaines après la disparition du journaliste.
Le Saoudien de 59 ans, tombé en disgrâce après être devenu critique envers le régime de Ryad, est entré au consulat de son pays à Istanbul le 2 octobre, pour une démarche administrative. Il n'en est pas ressorti vivant.
"Depuis le début, la ligne de notre président est claire: rien ne restera secret concernant cette affaire", a déclaré lundi 22 octobre le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin.
La Turquie "ne voudrait pas" que ses relations avec l'Arabie saoudite, "pays frère et ami", pâtissent de ce meurtre, a-t-il ajouté. "Par conséquent, une grande responsabilité incombe aux autorités saoudiennes sur la question de l'éclaircissement de cette affaire", selon ce porte-parole.
Les Turcs avaient rapidement mis à mal la thèse officielle de l'Arabie saoudite, selon laquelle M. Khashoggi était ressorti du consulat.
Dès le 6 octobre, une source proche du gouvernement révélait que la police était convaincue que le journaliste avait "été tué au consulat par une équipe venue spécialement à Istanbul et repartie dans la même journée".
M. Erdogan appelait alors les autorités saoudiennes à appuyer leurs dires avec des preuves.
Un meurtre "planifié"
Selon Erdogan, le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi avait été "sauvagement planifié".
"Nous sommes face à une situation qui a été sauvagement planifiée et des efforts conséquents ont été déployés pour dissimuler" ce meurtre.
Après avoir soutenu que le journaliste était ressorti vivant du consulat, les autorités saoudiennes ont finalement admis samedi 20 octobre que Khashoggi y avait été tué, mais ont nié toute préméditation.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a indiqué dimanche 21 octobre que Khashoggi avait été victime d'un "meurtre", évoquant une "opération non autorisée" par le pouvoir, dont Mohammed ben Salmane, dit "MBS", n'était "pas informé".
Des explications qui n'ont "pas satisfait" Donald Trump. "Nous en saurons très bientôt davantage", a dit à la presse le président américain, qui avait déjà évoqué la veille les "mensonges" de Ryad. Son gendre et conseiller Jared Kushner a de son côté conseillé à MBS "d'être transparent".
Dans la soirée, l'agence d'Etat saoudienne SPA annonçait que "MBS" avait reçu le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.
M. Mnuchin, qui est en tournée dans la région, avait annoncé il y a quelques jours qu'il renonçait à participer au forum international sur l'investissement prévu à Ryad à partir de mardi, pour cause d'affaire Khashoggi.
Les deux hommes ont souligné de "l'importance du partenariat stratégique entre l'Arabie saoudite et les Etats-Unis", a indiqué SPA.
(Avec AFP)