Sur le marché des adjudications, les taux des bons à 13 et 52 semaines ont progressé de 3 et 5 points de base respectivement pour atteindre 2,2% et 2,43% à fin 2018, selon les données de BMCE Capital Markets (voir tableau ci-dessous).
Pour leur part, les bons à 26 semaines offrent un rendement stagnant à 2,19% sur une année.
Les taux à moyen terme ont augmenté que ce soit pour les bons à 2 ans dont le taux a progressé de 9,5 points de base ou pour les bons à 5 ans dont le taux a affiché une hausse de 11,1 points de base.
Les bons à 10 et 15 ans affichent des rendements de 3,37% et 3,73% respectivement, soit des hausses de 8,7 et de 5,3 points de base. En revanche, le rendement des bons à 20 ans a baissé de 1,4 point de base à 3,98%.

Source: BMCE Capital Markets
Sur le marché secondaire, les taux des bons du Trésor ont également enregistré une légère hausse pour la quasi-totalité des maturités. Seul le rendement des bons à 20 ans a reculé de 6,1 points de base à 3,88%, selon les dernières données de Marogest.
Dans les détails, les bons du Trésor à 13 semaines affichent un rendement de 2,34%, en progression de 13,9 points de base par rapport à l’année 2017. Pour leur part, les bons à 26 et 52 semaines ont atteint des taux de 2,39% et 2,43%, en hausse de 3,8% et 9,2% respectivement.
La même tendance haussière a été suivie par les bons à moyen terme : les bons de 2 et de 5 ans offrent un rendement de 2,6% et de 2,85% respectivement, en hausse de 4,4 et 5,5 points de base.
S’agissant des maturités de 10, 15 et 30 ans, les taux ont augmenté de 8,3 ; 2,5 et 9 points de base en ordre respectif, pour afficher 3,38% ; 3,74% et 4,5%.
Contacté par LeBoursier, un gérant d'OPCVM, préférant s’exprimer sous couvert d’anonymat, souligne que le marché des taux a subi en 2018 une légère "correction" haussière, concentrée sur la partie courte (étant étroitement liée à la liquidité) et moyenne de la courbe (une partie importante des interventions du Trésor (64%) a concerné le MT en 2018).
Le déficit de liquidité s’accentue, la demande recule
Selon notre source, ceci est imputable à deux facteurs : la dégradation de la liquidité bancaire et la hausse des levées du Trésor sur le marché des adjudications.
En 2018, le déficit de liquidité ressort à près de 70 MMDH au lieu de 41 MMDH un an auparavant, soit une perte de près de 30 MMDH en une année. Pour cause, la hausse de la circulation de la monnaie fiduciaire et la baisse des réserves de change provoquée par le creusement du déficit de la balance commerciale.
>> Lire également: Le déficit de liquidité devrait se creuser (BAM)
Notons que la demande sur le marché des bons de Trésor a fortement reculé, passant de 424 MMDH en 2017 à 327 MMDH en 2018.
Les levées nettes du Trésor ont augmenté de plus de 47% en 2018
De l’autre côté, les levées nettes du Trésor sur le marché primaire ressortent à 28 MMDH à fin 2018 contre 19 MMDH en 2017, soit une forte hausse de 47,4% reflétant l’accentuation du besoin de financement du Trésor.
D’après notre interlocuteur, ce besoin est le résultat de la charge de compensation et la révision à la baisse des perspectives de croissance nationale drainant des recettes fiscales moins importantes que prévues.
>> Lire également: Le déficit budgétaire pourrait atteindre 3,8% du PIB en 2018
>> Lire également: Le déficit public révisé à la hausse pour 2019, mais sous la barre des 3%
La levée du Trésor à l’international prévue en 2019 pourrait inverser la tendance
Pour 2019, les prévisions dépendront en partie de la concrétisation de la levée du Trésor à l’international prévue initialement en 2018 et reportée à 2019, selon le spécialiste.
Selon lui, une levée nette de 10 MMDH à l’international sur un total de 38 MMDH est censée réduire significativement le recours sur le marché local, ce qui entrainerait une baisse importante des taux.
>> Lire également: Bons du Trésor: Les investisseurs attendent la sortie du Maroc à l'international
Sur le plan de la liquidité, deux éléments pourraient impacter favorablement l’orientation des taux : le recours du Trésor à l’international qui permettrait une augmentation des réserves de changes et une poursuite espérée de la baisse du prix du baril qui a atteint les 50 dollars récemment.
Dans ce cas, «les taux des bons du Trésor pourraient suivre une tendance baissière ou, au pire des cas, se stabiliser au niveau actuel».
«Si les conditions précitées ne se réalisent pas, le marché des taux connaitra la même tendance qu’en 2018», conclut-il.
Cela dit, notre interlocuteur précise qu’il manque encore beaucoup d’autres éléments pour pouvoir se prononcer sur une tendance précise du marché sur l’année 2019.
>> Lire également: Bons du Trésor: la révision des prévisions du déficit budgétaire de 2018 et 2019 fait monter les taux