Une journée a été réservée au débat autour de ce projet. En réponse à l'appel de l'Atelier de l'observatoire, historiens, artistes, architectes, journalistes, écrivains, conservateurs de musées et porteurs d'idées similaires se sont réunis au cœur de l'ancienne médina de Casablanca, à la Maison de la culture. Objectif: discuter des enjeux de la préservation de la mémoire urbaine de la ville blanche.
Mercredi 16 janvier, Mohamed Fariji a ouvert l'événement par un exposé consacré à la présentation du futur musée, qu'il propose de situer dans l'ancien aquarium de Casablanca.
Le co-fondateur parle d'"un projet citoyen dédié à la mémoire des quartiers, qui propose un processus partagé d'écriture de l'histoire de la ville par ses habitants''.
"Le musée collectif prend la forme de rencontres et de projets artistiques temporaires dans plusieurs quartiers de Casablanca avant son installation dans l'espace public au centre ville de Casablanca, prévue en 2019", précise Mohamed Fariji.
Le projet de musée en est à saphase initiale de réflexion, l'initiative est à applaudir.

En effet, l'association compte transformer cinq containers en un musée qui sera recouvert d'une toiture bâchée. "Cette installation est temporaire et proposera une bibliothèque libre, un espace de travail, une cafétéria et des espaces d'exposition", annonce-t-il.
Par ailleurs, cette occasion a été marquée par la rencontre de différentes disciplines. Toutes rassemblées à l' ancienne église San Buenaventura, édifice consacré dorénavant à la culture, pour encadrer le projet.
Kenza Sefrioui, auteure et journaliste culturelle, a mis la lumière sur l'approche artistique de la ville blanche, en présentant "Casablanca, nid d'artistes", un livre qu'elle a coécrit avec la romancière Leila Slimani. "Ce livre rend hommage à Casablanca. Il s'inspire d'une centaine d'expériences d'artistes marocains avec des compétences incroyables. Tout cela avec l'absence du soutien public, imaginez si les centres culturels étaient ouverts!".
Jamaâ Baida, directeur des Archives du Maroc, a pris la parole pour attester de la grande place qu'occupe la ville blanche au sein de cette institution, "principalement en matière de dahirs". Il souligne que ces archives sont à la disposition de tout le monde.
Zhor Rehihil, conservatrice du Musée du judaïsme, et Ech-Cherki Dahmali, conservateur du musée Maroc Telecom-Rabat, se sont exprimés sur leurs expériences personnelles en émettant des opinions et conseils sur la création du musée collectif à Casablanca. Mme Zhor a insisté sur l'importance de l'obtention des financements.