Depuis 10H00 locales (2H00 GMT), plus aucun train ni avion ne doit en principe quitter Wuhan, 11 millions d’habitants, en plein centre de la Chine. Les péages aux sorties autoroutières de la ville sont fermés.
Cette métropole des bords du Yangtsé est au cœur de l’épidémie qui depuis décembre a contaminé plus de 570 personnes et fait 17 morts, selon un dernier bilan, mercredi 22 janvier dans la soirée. Toutes les personnes décédées ont succombé à Wuhan ou dans sa région.
« Les habitants ne doivent pas quitter Wuhan sans raison spécifique », a annoncé le Quartier général chargé de la lutte contre l’épidémie au niveau municipal.
Cette décision est prise afin « d’enrayer efficacement la propagation du virus », a-t-il expliqué, alors que la Chine s’apprête à entrer vendredi dans son long congé du Nouvel an qui occasionne chaque année des centaines de millions de voyages.
La ville voisine de Huanggang à 70 km à l’est, qui compte 7,5 millions d’habitants, fait l’objet de mesures similaires. La circulation des trains devait y être interrompue jusqu’à nouvel ordre à compter de la fin de journée.
Tout près Ezhou (1,1 million d’habitants) a déjà fermé sa gare.
A Wuhan, les habitants n’ont pas pu planifier un éventuel départ, la décision ayant été annoncée pendant la nuit.
Il était encore possible de gagner la ville par le train ou l’avion, même si de nombreux vols étaient supprimés.
Mais trains comme avions à destination de Wuhan étaient presque vides, spectacle étrange à la veille du congé du Nouvel an lorsqu’ils sont habituellement pris d’assaut.
Dans le centre de Wuhan, les transports publics étaient à l’arrêt et les festivités du Nouvel an ont été annulées.
Les taxis ont multiplié leurs prix par trois. « Il est très dangereux de sortir en ce moment mais on a besoin d’argent », a expliqué un chauffeur à l’AFP.
La mairie a aussi imposé le port du masque respiratoire, que la plupart des habitants avaient de toute façon commencé à mettre depuis le début de la semaine.
Le branle-bas de combat a commencé lorsqu’un scientifique chinois a admis que la transmission du virus pouvait se faire d’humain à humain et pas seulement de l’animal à l’homme.
Le président Xi Jinping a donné le signal de la mobilisation lundi en appelant à enrayer « résolument » l’épidémie, qui jusque-là ne faisait pas les grands titres des journaux.
A Pékin comme à Shanghai, le masque était de mise dans les endroits publics, comme le métro.
(AFP)