Seules les personnes de toutes nationalités « se trouvant à l’intérieur du royaume » saoudien pourront effectuer le Haj, conformément aux mesures de précaution destinées à contenir la propagation du virus, a précisé l’agence.

Jusque-là, Ryad maintenait l’incertitude autour de la tenue de ce pèlerinage, l’un des plus importants rassemblements religieux au monde, qui a attiré 2,5 millions de musulmans en 2019 selon les chiffres du ministère chargé de l’organiser.

En raison de sa forte affluence, le Haj peut aussi devenir un énorme vecteur de contagion du nouveau coronavirus, avec des fidèles venus du monde entier.

Or la pandémie « continue de s’accélérer » à travers la planète, s’est inquiété lundi le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

C’est notamment le cas en Arabie saoudite, pays arabe du Golfe le plus touché avec une recrudescence du nombre de contaminations. Les autorités ont officiellement recensé plus de 161.000 personnes infectées, dont 1.307 sont décédées.

Pour contenir la propagation de la maladie, l’Arabie saoudite a dès mars suspendu le petit pèlerinage, la « Omra », qui s’effectue toute l’année à La Mecque et Médine.

Avec un Haj « très limité », les autorités saoudiennes assurent vouloir « répondre aux exigences de prévention et de distanciation sociale nécessaires pour assurer la sécurité et la protection » des fidèles, tout en « réalisant les objectifs de la loi islamique ».

 Perte de revenus

S’attendant à une annulation ou du moins à de fortes restrictions, la plupart des pays musulmans avaient déjà suspendu ces dernières semaines les formalités de voyage pour le Haj, décevant des millions de fidèles qui consacrent parfois toutes leurs économies à ce pèlerinage.

Fin mars, le ministre saoudien du Pèlerinage, Mohammad Benten, avait également demandé aux musulmans de reporter temporairement leurs préparatifs du Haj.

Dans ce qui apparaît comme un effort pour apporter une caution religieuse à cette décision, la Ligue islamique mondiale, basée en Arabie saoudite, a indiqué reconnaître la légitimité de ce Haj limité, dans l’intérêt des pèlerins eux-mêmes, selon les médias officiels saoudiens. 

La prestigieuse institution sunnite Al-Azhar, basée au Caire, a également salué cette décision, la jugeant « sage et basée sur la jurisprudence islamique ».

Youssef Al-Othaimeen, secrétaire-général de l’Organnisation de la coopération islamique a dit de son côté « apprécier le soin extrême donné à la santé et à la sécurité des pélerins ».

Ce pèlerinage limité risque d’affecter l’économie de l’Arabie saoudite qui, premier exportateur de brut au monde, est déjà touchée de plein fouet par la chute des prix du pétrole, entraînant la baisse de ses recettes publiques.

En mai, Ryad a dû tripler le montant de la TVA et annoncer l’arrêt d’allocations sociales, afin de maîtriser un déficit budgétaire qui pourrait atteindre le niveau record de 112 milliards de dollars (environ 103,5 milliards d’euros) cette année.

Lors du Haj et de la Omra, les pèlerins injectent chaque année 10,6 milliards d’euros dans l’économie saoudienne, selon le gouvernement, une somme dont le royaume va devoir se passer et qui aurait été la bienvenue en ces temps d’austérité.

(Avec AFP)