Cherkaoui Habboub était l’invité de l’émission « Avec Ramdani », diffusée dimanche 24 janvier sur la chaîne 2M.

Lors de ce premier passage télévisé depuis sa nomination, en remplacement de Abdelhak Khiyame parti à la retraite, Cherkaoui Habboub s’est arrêté sur son parcours dans les rangs de la Direction générale de la sûreté nationale.

Policier de formation, Cherkaoui Habboub a rejoint la DGSN en 1983, où il a occupé plusieurs postes avant de rejoindre la BNPJ en 1992.

Il a également été directeur du Bureau national de lutte anti-terroriste (2005-2015), qui dépendait alors de la DGSN, avant la création du BCIJ, dont il est devenu directeur adjoint.

La menace terroriste persiste

Interrogé sur l’évolution de la menace terroriste, le responsable sécuritaire affirme qu’elle persiste au Maroc, compte tenu de sa position géographique. « La menace est toujours sérieuse. Elle émane de la zone sahelo-saharienne où des groupes terroristes sont toujours actifs », a-t-il précisé.

A ce paramètre s’ajoute la menace que représente internet notamment en matière d’apologie du terrorisme et de tentative de rallier les groupes terroristes sur les scènes de tension, poursuit M. Habboub.

« 209 cellules ont été démantelées depuis 2002 au Maroc, dont 82 cellules depuis la création du BCIJ (76 liées à Da’ech et 6 liées au mouvement takfiriste « Istihlal wa lfaye », a déclaré le nouveau patron du BCIJ.

Le responsable sécuritaire évoque une tranche d’âge entre 18 à 40 ans parmi 80% des terroristes présentés à la justice au Maroc. 

Un rôle déterminant du Maroc à l’international

Cherkaoui Habboub n’a pas manqué de louer le rôle du Maroc dans la coopération internationale en matière de lutte anti-terroriste: « Le Royaume ne ménage aucun effort avec les partenaires, dont les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne », s’est-il félicité.

Le Maroc doit ce succès aux efforts de la DGST et à la coordination entre l’ensemble des services sécuritaires, la DGED et la Gendarmerie royale, affirme le directeur du BCIJ.

Dans la foulée, il a révélé la coopération du Maroc avec les Etats-Unis dans le renseignement sur le camps d’entraînement d’Oussama Belladen à Khalden en Afghanistan, ainsi que le rôle du Royaume dans la localisation d’Abaaoud, chef opérationnel présumé des attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

Interrogé sur une « éventuelle coopération » avec l’Algérie, Cherkaoui Habboub regrette une absence totale de collaboration, au moment où des groupes terroristes s’activent massivement dans le Sahel. Un constat partagé avec son prédécesseur, Omar Khiyame, qui avait révélé son « inquiétude du manque de réactivité qui pourrait aboutir à un drame régional ».

Le responsable sécuritaire a également mis l’accent sur les liens « prouvés » du polisario avec des mouvements terroristes, qui comptent, selon lui, plus de 100 séparatistes s’activant dans la zone sahelo-saharienne.