Dans une interview accordée au journal espagnol « La Vanguardia« , la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha González Laya,  s’est exprimée au sujet des relations diplomatiques maroco-espagnoles.

Elle déclare que l’Espagne est entrée « dans une crise » qui n’était « absolument pas voulue » et dont le pays veut « sortir au plus vite ». Sous ses airs pacifiques et conciliants, elle maintient en fait que le Maroc est à l’origine de la crise; alors que c’est l’accueil clandestin de Brahim Ghali qui est l’origine.

« Nous allons travailler pour qu’un espace de confiance se crée, à partir duquel la relation peut être réorientée. Cela demande une grande prudence de ma part », indique-t-elle.

Interrogée au sujet d’un éventuel « geste de l’Espagne envers le Maroc », la ministre répond sans détailler: « discrétion et prudence pour instaurer la confiance ».

Sahara marocain: « Il n’appartient pas à l’Espagne de servir de médiateur »

La ministre espagnole des affaires étrangères a également été invitée par La Vanguardia à commenter la position des Etats-Unis sur le Sahara marocain.

Un sujet sur lequel le pays ibérique « a toujours été extrêmement prudent », indique la ministre avant d’ajouter que l’Espagne « comprend parfaitement que le Maroc ait une grande sensibilité sur cette question ».

« Cette attitude respectueuse passe notamment par le fait de ne pas vouloir influencer la position que peuvent adopter les Etats-Unis. Nous voulons une solution négociée dans le cadre des Nations Unies. Dans ce cadre, nous sommes disposés à considérer toute solution que le Maroc propose, sachant qu’il n’appartient pas à l’Espagne de servir de médiateur », poursuit-elle.

« Nous convenons avec les États-Unis que la solution doit être promue par les Nations Unies. Et nous convenons aussi que cette ligne doit être redynamisée, toujours dans le plus grand respect du Maroc« , ajoute la ministre.

La Vanguardia a, par ailleurs, interrogé Arancha González Laya au sujet de la réaction de l’Algérie suite à l’hospitalisation de Brahim Ghali en Espagne.

Selon la ministre, l’Espagne n’a reçu que « la gratitude de la personne qui a reçu une assistance médicale face à une santé critique ».

Quant aux renforcements de la surveillance « frontalière » au niveau de Sebta et de Melilia, la ministre espagnole déclare que l’une des questions évaluées par l’Espagne « est de savoir s’il est approprié d’intégrer, même partiellement, l’agence Frontex dans la surveillance des frontières extérieures de l’Union Européenne ».

« Rien ne se fera sans consensus avec les autorités des deux villes », indique-t-elle.