Selon une source autorisée de la Fédération interprofessionnelle marocaine des agrumes (Maroc-Citrus), les achats sur pied se font rares et à des prix en forte baisse par rapport à la dernière campagne. A titre d’exemple, la variété Nadorcott, qui se négociait en 2020-2021 à 4 DH/kg, est actuellement sous la barre de 3 DH/kg, voire moins, précise notre source.
Or, cette variété, particulièrement prisée, aussi bien par les marchés extérieurs que par le débouché local, ne porte que sur une production d’environ 250.000 tonnes, certes en forte augmentation, en raison de l’entrée en pleine production des nouvelles plantations. Comment vont alors évoluer les prix offerts pour la clémentine, dont la production dépasse le million de tonnes ? Notre source s’interroge.
La relance économique de l’UE peut stimuler la demande
Dans l’attente d’une réaction favorable du gouvernement quant au soutien financier des coûts logistiques des exportations, nombreux sont les professionnels qui appréhendent l’avenir, avec beaucoup d’inquiétude. D’autant que la plupart d’entre eux n’ont pas épongé les pertes subies lors des campagnes 2018-2019 et 2019-2020.
Pour l’actuelle saison, la production d’agrumes s’inscrit en hausse de 15% par rapport à la campagne précédente, qui avait enregistré un volume global de 2,2 millions de tonnes.
Bien évidemment, la situation peut sensiblement évoluer, en particulier concernant les variétés de demi-saison et tardives, selon les conditions climatiques mais aussi en fonction du comportement des marchés, notamment de l’Union européenne. La reprise économique qui s’y confirme est à même, en effet, de stimuler la demande.
En ce qui concerne les exportations, les premières prévisions, établies par les professionnels, tablaient également sur un volume en hausse de 10% par rapport aux réalisations de la campagne précédente (environ 670.000 tonnes). Des prévisions revues à la baisse du fait que les marchés de l’Amérique du Nord et des pays du Golfe ne seront pas desservis durant cette campagne à cause des difficultés logistiques.
Au total, Maroc-Citrus prévoit l’export de 650.000 tonnes, réparties entre 520.000 de petits fruits et 130.000 tonnes d’oranges.
D’un autre côté, le principal concurrent, l’Espagne, s’attend cette année à une production agrumicole de 6,5 millions de tonnes, en baisse de plus du quart par rapport à la dernière campagne. Mais la récolte de clémentine, bien qu’elle soit également en repli, est estimée à 2 millions de tonnes. « En raison de sa proximité avec le marché de l’Europe occidentale et du débouché russe, la concurrence espagnole va gagner en acuité », anticipe un gros exportateur.