Dans les deux appels d’offres lancés par le ministère de l’Agriculture, via l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuse (ONICL), il est question de sécuriser trois millions de quintaux de blé tendre et un million de blé dur pour une durée de deux mois. La prime maximale de stockage stratégique proposée est de 5 dirhams par quintal et par mois. Le coût maximal pour l’Etat est donc de 40 MDH.
Les réponses reçues lors de ce deuxième appel d’offres sont en deçà de celles du premier. Cinq opérateurs ont formulé des offres pour une quantité totale de 765.762 quintaux, contre 1,36 million pour le premier. Au total, un peu plus de 2,1 millions de quintaux sont donc sécurisés.
| Opérateurs | Quantité retenue (en Qx) | Prix (en DH/Qx/Quinzaine) | Montant global pour deux mois |
| Cerelis | 95.000 | 2,5 | 950.000 |
| Dynacome Sarl | 126.768 | 2,5 | 1.267.680 |
| Gromic | 200.000 | 2,5 | 2.000.000 |
| Izda | 257.9904 | 2,5 | 2.579.944 |
| Société de négoce agricole | 86.000 | 2,5 | 860.000 |
La quantité demandée par le ministère n’est pas encore totalement couverte, en raison du timing peu propice à la constitution de stocks de sécurité.
« Nous sommes toujours en période de soudure, où les cours sont élevés », explique à Médias24 un professionnel, membre de la Fédération nationale de la minoterie. « Les opérateurs ne veulent pas prendre le risque de stocker des quantités achetées à prix élevés pour deux mois, et en disposer pendant la période où les cours internationaux seront en baisse », poursuit-il.
Les prix baisseront-ils, même si l’Inde a annoncé l’interdiction de l’exportation de son blé, générant une tension supplémentaire ?
Selon ce professionnel, une détente des prix est attendue à partir de la mi-juillet, avec le démarrage des moissons de la nouvelle récolte. « Nous sommes en contact avec les autorités indiennes pour reprendre nos importations depuis ce pays, dans le cadre de la diversification de nos sources d’approvisionnement. Des échanges ont eu lieu pas plus tard que la semaine dernière, et une rencontre est programmée dans les prochains jours », nous confie-t-il.
Autre argument en faveur de la baisse des prix, selon notre source : « La Russie et l’Ukraine disposent d’importants stocks et d’une bonne campagne en perspective. Leurs capacités de stockage étant mobilisées, elles devront trouver des solutions pour gérer les excédents. »
Quant au Maroc, il aborde cette période sereinement à en croire notre interlocuteur, car le stock-outil des opérateurs couvre toujours quatre à cinq mois. « A cela, il faut ajouter les deux millions de quintaux mobilisés dans le cadre du stock de sécurité ou de régulation », nous précise-t-il.
Le mécanisme déployé par le ministère poursuit donc son rodage, en attendant que le contexte international soit plus favorable à la constitution d’importants stocks, avec l’objectif de couvrir six mois de besoins.
https://medias24.com/2022/04/25/stock-de-securite-136-million-de-quintaux-securises-pour-deux-mois/