Un éditorial du journal Al Itihad Al Ichtiraki, organe officiel de l’USFP, met en cause le ministre de la Justice et secrétaire général du PAM, Abdellatif Ouahbi, pour avoir publié le rapport d’une commission d’enquête parlementaire dans un livre publié dernièrement.
Cette commission d’enquête a été instituée en 2020 à la demande de Abdellatif Ouahbi, à l’époque député de l’opposition, afin d’enquêter sur les épouses et enfants de jihadistes marocains engagés aux côtés de l’organisation terroriste « Daech » en Irak et en Syrie.
Le journal du parti de la rose, désormais dans l’opposition, accuse plus précisément Abdellatif Ouahbi de tirer profit, financièrement, d’un rapport réalisé dans le cadre d’une mission parlementaire à caractère public.
L’éditorial ajoute que la version publiée ne correspond pas au rapport définitif de la commission. Il ne s’agit que d’une première mouture qui doit encore être soumise au bureau de la commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants, et discutée en séance plénière. Jusque-là, ses résultats devaient rester confidentiels.
La réponse de Abdellatif Ouahbi
Abdellatif Ouahbi a été interpellé sur cette accusation lors d’un débat organisé mardi 31 mai par la Fondation Lafqui Titouani. Il affirme avoir lui-même demandé au président de la première chambre, Habib El Malki (USFP), qu’il a d’ailleurs jugé « réticent », de créer cette commission d’enquête. Les négociations ont duré neuf mois avant que Ouahbi n’en aie enfin l’autorisation.
Ouahbi affirme qu’après les séances d’écoute, El Malki a refusé que le rapport soit discuté en séance plénière, invoquant le refus de quelques « parties ». Le chef de la deuxième force politique du pays soutient qu’il s’agit de « prétextes sans aucun fondement ».
Ouahbi raconte avoir ensuite reçu l’autorisation d’organiser une conférence de presse, où il dit avoir distribué son rapport qui a par la suite été publié. Le contenu est alors devenu public.
Abdellatif Ouahbi a justifié la publication de ce rapport en tant qu’annexe de son livre « Le crime politique et la protection de l’enfant », comme une volonté d’aider les étudiants et chercheurs dans ce domaine à avoir plus facilement accès au contenu des travaux de la commission d’enquête.
Réponse de Abdellatif Ouahbi à partir de 00:54:50