Après la décision du gouvernement de ne plus accorder d’aides à l’irrigation localisée des nouvelles plantations d’agrumes, de pastèques et d’avocats, la décision du gouverneur de la province n°34, datée du 24 octobre 2022, va plus loin et acte l’entrée en vigueur d’une limitation de la superficie des plantations de pastèques dans la province de Zagora.
Une décision qui répond à la nécessité de préserver les rares ressources en eau de la région pour l’alimentation en eau potable, à la suite des déficits pluviométriques enregistrés cette année et des sécheresses répétées qui ont sévi dans la province de Zagora.
À une quinzaine de kilomètres des palmeraies de Zagora, les pastèques sont cultivées sur des parcelles d’une superficie de 3 ha à 80 ha. Leur cycle de production s’étend de décembre-janvier jusqu’à mai.
Pendant cette période, les pastèques consomment une importante quantité d’eau, notamment dans la province de Zagora, où se situe une grande partie des 15.200 hectares de pastèques cultivées au niveau national, pour une production moyenne de 47 t/ha. Pour chaque hectare, il faut compter entre 3.000 m³ et 4.000 m³ d’eau.
Limitation de la superficie cultivée à un hectare par parcelle
Ces mesures, qui entrent en vigueur à l’occasion de la campagne agricole 2022-2023, se déclinent comme suit :
– Limitation de la superficie cultivée entre 0,5 et 1 hectare par parcelle ;
– Interdiction de cultiver la pastèque à proximité des sources d’alimentation en eau potable, dites “Zone de protection”, ainsi que les parcelles limitrophes de l’oued Drâa, le long des palmeraies, et celles qui bordent les lits des autres oueds de la province.
– Surveillance des compteurs des puits et forages au début de l’exploitation pour comptabiliser les ressources utilisées et surveiller l’état de la nappe phréatique ;
En cas de non-respect de ces mesures, une série de sanctions seront prises à l’encontre des contrevenants. Ces sanctions ne sont pas définis dans la décision provinciale, consultée par Médias24.
“Ce n’est pas le première fois qu’une telle décision est prise”, nous a récemment confié Abdellah Abdellaoui, chef du service de production agricole à l’Office régional de mise en valeur agricole de Ouarzazate (ORMVAO).
“Une mesure similaire avait d’ailleurs été appliquée lors de la campagne 2020-2021, à cause de la pénurie d’eau”, rappelle-t-il. D’après notre interlocuteur, cette mesure visait à limiter les superficies cultivées de pastèques à 3 hectares par famille.