Le régime algérien a été sauvé par deux crises: la pandémie de Covid-19 qui a étouffé le hirak; et la guerre russo-ukrainienne qui a fait flamber le prix du gaz. « Si les prix du gaz et du pétrole devaient chuter précipitamment, on voit mal comment ce régime opaque mais pourri pourrait survivre ». Tel est l’essentiel de l’article publié ce jeudi 17 novembre par le journal international The Economist, dans son édition papier et dans son édition en ligne.
« Pour le moment, trois facteurs étouffent la grogne », écrit le journal qui cite « le prix élevé du gaz et du pétrole, qui représentent 90 % des recettes en devises (…); le contrat social par lequel les éléments de base de la vie – aliments de base, électricité, huile de cuisine, essence et logement – sont massivement subventionnés ».(…) Et « le souvenir caché d’épouvantables épisodes de violence à l’échelle nationale, y compris la décennie noire ».
L’auteur décrit un « environnement des affaires abrutissant [qui] reflète la nature de la politique algérienne ». Après le départ de Bouteflika, « il est vite devenu clair que le nouveau régime d’Abdelmadjid Tebboune , un morne ancien ministre de longue date sous Bouteflika, était à peu près le même que son prédécesseur. Il n’a été sauvé que par l’apparition du covid-19 en 2020, qui a fait s’effondrer le Hirak , et par la flambée des prix du gaz et du pétrole après l’invasion de l’Ukraine par la Russie ».